Hérodote, i
MITHRA
spécial', comblé cette lacune de nos connaissances et montre le véritable caractère du dieu Mitbra qui finit par personnifier la religion des Perses tout entière. D’autres érudits s’étaient déjà occupés du môme sujet, H. Seel, N. Millier, J. de Hammer et F. Lajard Mais M. Windischmann a eu sur ses devanciers tout l’avantage que donne l’intelligence des textes zends, tandis que ses précurseurs étaient contraints de recourir à la version inexacte d’Anquetil du Perron. VAvesta^ écrit dans une langue qu’on ne parlait déjà plus, deux siècles avant notre ère, n’est compris des Parsis, dernier débris des sectateurs deZoroaslre, qu’à l’aide d’une version traditionnelle qui a souvent égaré Anquetil. Aussi cet illustre orientaliste n’a-t-il qu’imparfaitement interprété le document qui était le plus propre à nous révéler le caractère primitif de Mitbra, je veux parler du Mibir-Yascht, prière spéciale adressée au dieu qu’on trouve dans l’Avesta. M. Windischmann a dû conséquemment en donner avant tout une traduction plus fidèle. Aidé des conseils de M. Spiegel, l’un des maîtres dans l’étude du zend, il en a établi le sens par une de ces discussions critiques dont l’introduction est due à la philologie comparée. Il a également mis à profit les excellents travaux de M. R. Roth et de toute cette école
1. Voy. Mithra, Ein Beitrag xur Mythengeschichte des Orients. Leipzig, 1857.
2. Voy. H. Seel, Die Uithrageheimnisse wæhrend den vor-undurchristlichen Zeit. Aarau, 1823. — N. MUlier, Mithras. Wiesbaden, 1833, in-8®. — J. de Hammer, Mémoire sur le culte de Mithra, publié par J. Spencer Smith. Paris, 1833, in-8“. — Lajard, Recherches sur le culte public et les mystères de Mithra, Paris, 1847 , in-4° et in-folio, et les autres ouvrages de ce savant.
MITUBA.
d’érudils qui éclaire la Perse par l’Inde et l’Inde par la Perse.
Je ne saurais donc mieux faire, dans l’exposé qu’on va lire, que de prendre pour guide l’orientaliste bavarois.
Mithra, comme toutes les divinités des anciens, a un caractère multiple et des faces opposées. Suivant celle que l’on considère, on peut lui attribuer un caractère différent. De môme que dans la religion védique, Mithra et Aryaman apparaissent comme deux aspects différents de la lumière solaire divinisée, mais toujours associés, le Mithra primitif semble avoir représenté cette planète qui apparaît tour à tour comme l’étoile du soir et celle du matin. C’est VOuçanas du Rig-Vôda, le Phosphoros des Grecs et le Lucifer des Latins '. De là le caractère double qu’il présente ; car il y a deux Mithras comme il y a deux Aurores. Mais cette origine sabéiste du Mithra perse s’est promptement effacée et n’a laissé dans l’Avesta que de faibles traces. Il est devenu un dieu d’un caractère beaucoup moins matériel, beaucoup moins circonscrit; si toutefois la qualification de dieu peut s’appliquer simplement à un être surnaturel et tout-puissant. Car Mithra n’est ni éternel ni existant par soi-méme, il n’est en réalité qu’une créature de Dieu. Ce Dieu, c’est Ahoura-Mazdâ , le dieu vivant, source des plus grands biens, de l’immortalité, de la félicité terrestre, de la vérité^. On lit au commencement du Mihir-Yascht : « Ahoura-Mazdâ (Ormuzd) dit au saint Zarathoustra : Quand j’ai créé Mithra qui
1. Voy. plus haul, p. fi4 el 108. Cf. Polt, Mém. cité, p. 372.