‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 116 sur 278 · Plutarque, sur Isis et Osiris, c · texte numérisé non relu

Plutarque, sur Isis et Osiris, c

2. Les Perses, comme parfois les Hébreux, prenaient les étoiles pour des armées célestes que commandait Mithra. Voy. Spiegel , Studien über dus Zendavesta , dans la Zeitschrift der deutchen morijenl&nd. Gesellschajt , t. VI, p. 83.

MITHRA

représenté, dans le Mihir-Yascht, monté sur un char de combat, le front chargé d’un casque d’or, la poitrine défendue par une cuirasse d’argent, avec tout l’appareil militaire enfin ; il est accompagné comme par autant de génies, de tous les attributs du guerrier et du sage, la Justice, la Victoire, la Malédiction, la Pureté, la sainte Doctrine. Représentant de la lumière et de la vérité, il est par excellence le destructeur des démons ou des dews [daêvas)\ il neutralise l’influence qu’exercent dans la nature et sur les cœurs ces esprits malfaisants. Aussi, l’homme voué à son culte qui agit en son nom est armé contre les dews d’un pouvoir destructeur; au milieu des combats Mithra le protège et détourne les coups qui pourraient l’atteindre.

Cette protection si efficace que le médiateur mazdéen exerce envers ses adorateurs, se continue dans l’autre vie. Là encore, il intervient; carne se confondant pas avec Dieu môme, étant la lumière manifestée, non la lumière infinie, l’Etre vrai, non la vérité éternelle, Mithra garde toujours une personnalité distincte de celle d’Ahoura-Mazdâ. Il est et il demeure dans les deux mondes le protecteur du vrai croyant. Selon la doctrine de Zoroastre, les âmes des justes se réunissent sur la cime du Hara, pour de là monter au ciel et se rendre dans la demeure de Mithra. Cette divinité est ainsi mise à la fois en rapport avec les idées de mort et d’immortalité.

Dans le Rig-Vêda, Mithra est le fils ^'Aditi, c’est-àdire de l’espace sans bornes. Il constitue donc une véritable personnification du soleil ; son culte semble s’être développé chez les Aryas à une époque où Indra com-

MITHRA

mençaità être rejeté sur le second plan. Le Mithra védique représente la lumière, par opposition à Varouna, qui est l’atmosphère, le ciel ou encore la nuit dont les ténèbres mettent en relief l’immensité*. L’association constante de Mithra et de Varouna, comparés, dans le Rig-Vèda, à des rois montés sur des chars magnifiques, est analogue à celle de Mithra et de Yayou dans les textes zends. En général, on retrouve dans les chants védiques tous les attributs donnés par l’Avesta à Mithra, mais appliqués à la divinité d’un nom presque identique, Mithra, et à Varouna qui n’en est guère séparé. C’est ainsi que Mithra et Varouna sont les symboles de la vérité et les protecteurs contre le mensonge

Zoroastre ne fit donc que donner une forme systématique à des croyances qui existaient antérieurement aux Achéménides, et sa réforme religieuse était déjà opérée à l’époque où les Hellènes entrèrent en relations suivies avec les Perses. Mais les dogmes que ce grand prophète avait consacrés ne pénétrèrent pas tout de suite dans la Grèce, et c’est ce qui nous explique le silence d’Hérodote sur Mithra. On a vu plus haut que le nom du dieu lui était pourtant connu. Quelques-uns des noms cités par l’écrivain d’Halicarnasse montrent que l’adoration de Mithra était, déjà de son temps, fort répandue dans la Perse et la Médie. Il nous parle d’un certain'Mitradatès * (MiTpaBx-o;;) , qui était chargé de la garde des troupeaux de bœufs appartenant à Astyages ; ailleurs le

1 . Voy. Roth , Die hôchsten Coller der arischen Volker , dans la Zeitschrift der deutschen morgenlünd, Gesellschaft, t. VI, p. 74.

2. Voy. Roth, Die hOchsten Cutter der arischen Yolker, p. 74.

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