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MITHRA
nelle*. On s’explique donc qn’en passant en Europe, le culte de cette divinité ait pris le caractère d’une religion héliaque et s’y soit confondu avec celui des divinités solaires de la Grèce et de la Phrygie. C’est vraisemblablement ainsi défiguré que ce dieu était, au premier siècle avant notre ère, adoré dans le Pont et d’autres provinces de l’Asie Mineure. Au dire de Plutarque dans sa Vie de Pompée^ les mystères de Mithra avaient été apportés en Occident par des pirates ciliciens, fait qui remonte à l’an 68 avant notre ère. La foi aux divinités delà Grèce et de Rome commençait alors à s’ébranler; les esprits adoptèrent avec enthousiasme un culte dont le caractère mystérieux parlait davantage à l’imagination et aux espérances, aux aspirations vers l’invisible qui sont les principaux ressorts du sentiment religieux. Seulement, comme cela est toujours arrivé pour les religions transplantées hors du sol qui les a vues naître, le mithriacisme s’altéra ; Mithra, détaché de la théogonie dont il faisait une partie intégrante, fut ramené aux proportions et aux formes des divinités helléniques et latines, dont le culte se refroidissait. Pour les soldats romains qui embrassèrent avec ardeur une dévotion qui s’adressait à une divinité toujours victorieuse, Mithra devint purement et simplement le soleil. Les nombreuses inscriptions latines consacrées au dieu perse en font foi. Deo Soli invicto Mithrœ est la formule constamment employée. Un écrivain byzantin, Nicétas, nous dit que les uns regardent Mithra comme étant le soleil, les autres comme étant le feu, tandis