Dialogue avec Tryphoii, u
MITHRA
tionnée par une foule d’auteurs. Les plus anciens temples de la Grèce étaient aussi des grottes, dans les profondeurs desquelles les Phrygiens et les Cretois célébraient les mystères de leur Grande Déesse. Suivant une tradition rapportée par Eubulus*, Zoroastre avait un jour consacré au Créateur et au père de toutes choses une de ces anfractuosités naturelles qu’embaumait le parfum des fleurs, et dont l’air était rafraîchi par la limpidité des, eaux. Cette grotte s’était offerte à lui comme un abrégé, un symbole du monde, et il l’avait dès lors prise pour emblème de Mithra, l’auteur de l’univers. De là l’usage de consacrer les grottes à ce dieu, comme les Grecs les consacraient aux nymphes. Suivant un autre récit, Zoroastre, en vrai sage indien, s’était retiré du monde et avait vécu dans la solitude, au sommet d’une montagne, c’est-à-dire, à proprement parler, au fond d’une grotte, afin de se livrer tout entier à son amour pour la sagesse et la justice. Voilà ce que dit Dion Chrysostome et Pline ® ajoute que le prophète perse avait , pendant vingt années, observé une abstinence sévère ; on retrouve là ces jeûnes si caractéristiques du génie religieux de l’Orient, et dont la vie de Jean-Baptiste nous fournit un exemple. C’est au fond de ce désert que Zoroastre avait dû combattre l’esprit mauvais et triompher de la tentation d’Ahrimau.
Toutes ces idées, ainsi que l’a établi M. Windischmann, trouvent leur origine dans l’Avesta. C’est au
1 . Cilé par Porphyre dans son traité de V Antre de la Nymphe, c. 6.