‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 129 sur 278 · Hérodote, vu · texte numérisé non relu

Hérodote, vu

DK NÉMÉK.

toucher ni aux bêtes de charge ni aux hommes. Les lions épargnaient les autres animaux et ne se jetaient que sur les chameaux, quoique auparavant ils n’en eussent jamais vu et qu’ils n’eussent jamais goûté de leur chair. Qu’elle qu’en soit la cause, elle me paraît admirable. » — On voit dans ces cantons, dit plus loin le même Hérodote, quantité de lions et de bœufs sauvages... Le Nessus, qui traverse Abdère, sert de frontière aux lions d’un côté, et de l’autre l’Achéloüs, qui arrose l’Acarnanie ; car on n’a jamais vu de lions dans aucun endroit de l’Europe, à l’est au delà du Nessus, et à l’ouest dans tout le reste du continent au delà de l’Achéloüs; mais il y en a dans le pays entre ces deux fleuves '. »

Au temps d’Aristote, le lion était devenu, dans la Thrace et le nord de la Grèce, un animal fort rare, ainsi que ce grand naturaliste en fait lui-même l’observation. Il nous dit qu’en Europe on n’en rencontrait qu’entre l’Achéloüs et le Nessus Ces limites sont, comme on le voit, les mômes qu’assigne Hérodote à la région européenne du lion; car il est clair que leNestus de ce dernier est le Nessus du Stagirite. D’où il suit qu’Aristote s’appuie ici sur l’autorité de l’écrivain d’Halicarnasse. Son témoignage n’a donc pas de valeur propre. On pourrait objecter que dans un autre passage de son Histoire des animaux ^ le philosophe nous dit qu’il se trouve plus de lions en Europe qu’ailleurs, surtout dans cette partie comprise entre l’Achéloüs et le

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