VIII, 28, éd. Bekker, p
LE LION
Nessus. Mais il est manifeste que le passage est ici visiblement altéré. Il est tout à la fois trop analogue dans les termes et trop contradictoire dans le sens à celui que j’ai cité plus haut, pour qu'on ne suppose pas, dans le texte, une mauvaise leçon. Évidemment il faut lire : qu'il n’y a de lions en Europe qu'entre l’Achéloüs et le Nessus.
S’il s'était encore rencontré, de son temps, de ces carnassiers en Macédoine et en Thrace, c’est-à-dire précisément dans la contrée qu'il habitait, Aristote noup aurait certainement fourni de leur présence d’autres témoignages que celui qu'il emprunte à un auteur an-r térieur à lui de plus d'un siècle. Le philosophe de Stagire semble même n'avoir guère vu de lions, puisqu’il dit ailleurs ' : « Le pied du lion a quelque chose de tortueux, du moins à s’en rapporter aux figures qu'on en fait. Et cette circonstance donne une nouvelle force à l’opinion que je soutiens, à savoir, qu'à l’époque d’Ale.xandre il n'y avait de lion en Macédoine ni en Thrace. »
Élien, dans son Histoire des animaux'^, à ce même sujet, se borne à citer Hérodote, sans ajouter aucune réflexion.
Pline* paraît avoir tout simplement traduit le passage d’Aristote rappelé tout à l’heure : « In Europa autem., écrit -il, inter Acheloum tantum Nessumque omnes leones esse, sed longe viribus præstmitiores iis quos Africa aut Syria gignunt. » Il nous