Il
LE LION
diqiier qu’il regardait le second de ces animaux comme étant aussi tombé sous les coups d'Hercule En sorte que le lion du Parnasse n’apparaît chez lui que comme l’équivalent du lion du Cythéron, et nous avons par là une troisième version de la fable. Tous ces changements de localité indiquent l’existence d’un mythe qui ne s’était pas, dans le principe, attaché à un lieu déterminé; et, en effet, nous retrouvons en Asie Mineure la même fable du combat d’Hercule et du lion. Suivant une tradition, la ville de Milet devait sa fondation à un géant appelé Léon , Aéwv, c’est-à-dire lion, qu’Hercule avait vaincu et de la peau duquel il se revêtit*.
Le caractère de ces divers mythes s’oppose donc à ce qu’on y cherche un élément historique, et il est impossible de s’en appuyer pour établir l’existence ancienne des lions dans le Péloponnèse. Mais on rencontre çà et là quelques légendes qui paraissent impliquer le même fait et auxquelles Karl Ritter a fait appel pour soutenir sa thèse. Je dois dès lors les discuter.
On lit dans le scholiaste d'Apollonius de Rhodes que, suivant l'histoire de Mégare de Dérichidas, un certain Alcathoüs, ayant été exilé de sa patrie pour le meurtre de Chrysippe, rencontra, lorsqu'il faisait route pour une autre contrée, sur le territoire de Mégare, un lion qui désolait le pays et contre lequel le roi de la ville avait envoyé quelques-uns de ses sujets. Alcathoüs attaqua l'animal, le tua, et après lui avoir coupé
2. Plolem. Hephæsl., v, p. 28, édit. Roulez. — Anthol. Falot., VI , 256. — Suidas, v. AarpofAiiTo;.