‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 137 sur 278 · NÉMÉE · texte numérisé non relu

NÉMÉE

la langue, la plaça dans sa besace. Il se rendit alors à Mégare; mais les hommes du roi s'attribuaient Thonneur de la défaite du lion. Pour les convaincre d’imposture, Alcathoüs tira la langue de la bête féroce en présence du.monarque. Celui-ci offrit aussitôt un sacrifice d’actions de grâces aux dieux, à la fin duquel il fit placer sur l’autel la langue qui avait révélé le véritable auteur de la destruction de l’animal. Depuis lors, ajoutait Dérichidas, l’usage en est resté chez les Mégariens. Sans doute que l’historien veut dire par là, qu^ dater de ce moment les Mégariens offrirent en dernier lieu dans leurs sacrifices la langue de la victime.

Une anecdote de ce genre n’a certainement pas grande autorité ; elle parle d’un roi de Mégare ; or, le gouvernement monarchique avait cessé d’exister dans cette ville, depuis Codrus; antérieurement môme la ville fut presque toujours soumise aux rois d’Athènes. Nous n’y voyons figurer un roi particulier que sous les Pandionides. Nisus régnait alors à Mégare ' ; ce serait donc vraisemblablement à cette époque qu’il faudrait faire remonter l’aventure d’AlcathoQs ; ce qui la rapporterait aux temps héroïques et lui enlèverait dès lors toute valeur historique, au moins toute autorité. On verra d’ailleurs plus bas que des raisons d’un autre ordre doivent nous en faire infirmer la véracité.

Passons à un autre trait qu’on trouve dans Antoninus Libéralis’*, et auquel Ovide fait allusion dans ses morphoses^. Il s’agit d’un certain Phylius, épris de

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