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4. Voyez la noie de M. Albert Gaudry 5<0' tes tamauiers ftstites
UE MÉMÉE.
serait établi que le lion a habité le continent hellénique, il ne s’ensuivrait pas pour cela que sa présence se fût continuée jusqu’aux temps héroïques. Autrement, il faudrait encore admettre à la même époque celle de la girafe et d’une foule d’espèces de carnassiers et de ruminants participant des caractères de genres aujourd’hui vivants, dont il n’est fait aucune mention dans les traditions héroïques de la Grèce. Ainsi la découverte de grandes espèces de /e/ts ', dans les cavernes de l’époque géologique qui précéda la nôtre, ne saurait en rien faire préjuger la question. J’avouerai même que, malgré le témoignage formel d’Hérodote, l’existence des lions dans la Macédoine et la Thrace ne me parait pas sufiisamment établie. Que l’on se rappelle que le père de l’histoire n’avait recueilli sur l’expédition de Xerxès que des informations incomplètes, et que son récit ne cadre pas toujours avec la disposition des lieux Qu’on n’ouhlie pas davantage que la confusion des noms d'animaux fut très-fréquente chez les anciens, surtout quand ces noms étaient tirés d’une langue étrangère. Un animal a pu souvent être pris pour un autre. Par exemple, le nom de chakal, venu de l’hébreu sakhal^ qui signifiait Aon, a été appliqué à
de Pikermi, dans le Bulletin de la Société géologique de France, 2® série, l. XVllI, p. 527.
1. Voyez Pictel, Traité élémentaire de paléontologie, l. 1 , p. 186. (Paris, 1844.) — G. Cuvier, Recherches sur les ossements fossiles i t. VII, p. 454. — Alcide d'Oibigny, Cours élémentaire de paléontologie, l""* part., p. 167, et 2“ part., p. 7 89, — et mon article intii liilé la Géographie des animaux , dans la Revue des Deux Mondes du l*' novembre 1859, p. 112.
2. Voy. Cousinery, Yogage en Macédoine, t. Il, p. 84 et suiv.
LE LION
un carnassier d’un genre cependant différent. Élien paraît avoir donné le nom de lion, Xéow, au guépard. Agatharchides ‘ nomme (jiup!xr,y.5Xéo)v, c’ost-à-dire fourmi-lion, un quadrupède évidemment distinct du lion et dont une identification satisfaisante n’a point encore été proposée. Nous voyons, par une confusion analogue, dans l’Amérique espagnole le nom de lion donné au puma. Il n’est nullement impossible qu’une confusion de même ordre se soit produite dans le fait que rapporte Hérodote, Comment les montagnes de la Thrace et de la Macédoine, si froides en hiver et dont les cimes sont couvertes de neige, auraient-elles fourni, durant cette saison , un repaire à des animaux qui demandent un climat fort chaud? Comment le Pélion, où la tradition plaçait la demeure de Chiron, eùt-il nourri dans ses retraites le terrible carnassier, ainsi que le veut Pindare, puisque Dicéarque^, nous dépeint cette montagne comme excessivement froide, même au milieu de la canicule ? Si les lions avaient été indigènes en ces contrées, ils auraient fait ce que font précisément les sangliers®, ils seraient descendus plus au sud pendant l’hiver, dans la Phocide, la Boétie, l’Atlique. On aurait ainsi vu apparaître ces animaux dans la presqu’île livadique, et Hérodote n’eût pas manqué de noter le fait. Si donc les lions ne se rencontraient pas de son temps
1. Agalharcliid. ap. Geograpli. minor., éd. Hudson, (. I, p. 49. Cf. Bochart, Hierozoicon, 1. 11, p. 599.
2. Dicéarque (p. 130, éd.Gail), signale l’abondance des neiges en Béotie, fait confirmé par Thucydide (ni, 24). Le lion n’aurait donc pas pu se réfugier, durant l’hiver, du Péiion dans cette province. Voy. Dicéarque, éd. Hudson, p. 29.