‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 144 sur 278 · De cousis plantarum, v · texte numérisé non relu

De cousis plantarum, v

LE LION

dit qu’à Larisse , en Thessalie , des lieux qui ne gelaient pas originairement gelaient de son temps, et que la contrée était devenue plus froide Il ajoute que les oliviers, qui autrefois venaient grands et beaux, ne s’y voient plus, et que les vignes, qui ne gelaient jamais, gèlent maintenant fréquemment. La question est de savoir siThéophraste parle d’une manière absolue et ce qu’il faut entendre autrefois. Le naturaliste grec ne se laisserait-il pas aller au préjugé que je viens de rappeler? Les plaintes sur la disparition de la belle saison, sur le retour supposé plus fréquent des mauvais temps , ont été , sont de toutes les époques. Pour ne rappeler que quelques exemples, Raoul Glaber’*, qui vivait au onzième siècle, Rigord, Jacques de Vitry, qui vécurent aux douzième et treizième, citent au nombre des preuves de la dégénérescence de toutes choses sur la terre , dégénérescence qui est pour eux un présage de la fin prochaine du monde, le retour plus habituel, la durée plus longue des mauvaises saisons, et l’effroyable corruption des mœurs. Cinq siècles plus tard, Saint-Simon écrivait dans ses Mémoires (ch. 86) : « Cet ouragan a été l’époque du dérangement des saisons et de la fréquence des grands vents. En tout temps le froid et la pluie ont été plus ordinaires depuis, et les mauvais temps n’ont fait qu’augmenter jusqu’à présent, en sorte qu’il y a longtemps qu’il n’y a plus du tout de printemps, peu d’automne, et pour l’été quelques jours par-ci par-là. » Sans doute, il y a certaines

Page 1