Voy. Expédition de Morée, partie botanique, p
DE NÉMÉE
nomiques, el non l’abaissement de température, qui ont chassé du nord du Dauphiné les oliviers, et de la Normandie, de la Bretagne, de la Picardie ces vignes mentionnées dans les chartes du neuvième au treizième siècle'. Quand l’Angleterre ne tirait pas aussi facilement de bons vins de l’étranger, elle cultivait de méchants vignobles dans ses comtés du Sud. Ceux qui ont voulu conclure de la rétrogradation de l’olivier, de l’oranger et de la vigne en France, l’abaissement de notre climat, sont tombés dans une erreur qui a été celle de Théophraste'^. Laissons donc ces faits, et reconnaissons que les paroles de l’auteur grec ne peuvent servir à démontrer la réalité du lion de Némée. Toutes' les vraisemblances sont contre l’existence d’un pareil animal dans le Péloponnèse , et il faut dès lors croire que le mythe avait été apporté d’une autre contrée, Théocrite ^ dans le pa.ssage cité plus haut, nous dit que quelques-uns regardaient l’histoire du lion vaincu par Hercule comme un conte inventé par un étranger. Ailleurs, Diodore de Sicile^, parlant des travaux d’ Hercule, s’exprime ainsi : « Ce premier fait se place bien naturellement dans les temps reculés où les hommes étaient encore exposés à la fureur d’un grand nombre d’animaux sauvages, et .surtout l’Égypte, qui touche à des régions plus élevées et encore désertes ou habitées
1. Voy. le ra|)|iorl de M. de Gaspariii sur le mémoire de M. Fusler, dans k-8 Comptes rendus de l'Académie des sciences, année 1844, 2® sein. , p. 1 09.
2. Voy. Foster, Des changements dans le climat de la France, histoire de ses révolutions météorologiques (Paris, 1845),
i. Idylle XXV, 187, 188.
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LE LION
par des bêtes féroces. » Donc l’historien grec soupçonnait que le mythe du combat d’Hercule et du lion n’était pas originaire de la Grèce. Il est enclin à en chercher la patrie plutôt en Égypte qu’en Asie, parce qu’il était sous l’empire de l’opinion suggérée par les prêtres égyptiens à Hérodote , d’après laquelle la théologie hellénique aurait été empruntée à la terre des Pharaons. Les derniers travaux de la critique ont montré que c’est à la mythologie des Aryas qu’il faut surtout demander l’origine des fables grecques. La plupart des légendes héroïques consignées dans Homère ou conservées ipar les mythographes ont été apportées de l’Asie. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de voir figurer ici le lion. Sa signification , dans notre légende, est purement symbolique. Aussi Épiménide faisait-il venir le lion de Némée de la lunc‘, opinion répétée par Hygin le scholiaste d’Apollonius de Rhodes® et Tatien^. Le fait que Kiions, la divinité égyptienne où les Grecs s’imaginaient reconnaître leur Hercule, n’avait pas le lion pour attribut ', montre suffisamment que la fable du lion de Némée n’était pas d’origine égyptienne.