j/m/, eccl,, liv, 1, c. I
DU CHRISTIANISME
alors qu’ils ne recueillaient les faits que pour édifier les drues. « Les Évangiles, observe judicieusement M. Michel Nicolas ne sont pas des compositions historiques dans le genre classique auquel nous ont habitués les grands historiens de la Grèce et de Rome. Ils sont des historiens dans le genre juif, c’est-à-dire des chroniques sacerdotales... L’ordre chronologique y est extrêmement lâche et vague, quoiqu’il soit facile d’apercevoir que les évangélistes ont voulu le suivre fidèlement. » L’Évangile aspirant à devenir la religion de tous, l’histoire de l’Église dut prendre promptement le caractère d’une histoire universelle écrite au point de vue de la foi. Telle est la tendance qui se manifeste de plus en plus chez les historiens ecclésiastiques, à partir de celui qui nous occupe.
Les idées dominant les faits chez les théologiens, un livre émané d’eux devait nécessairement offrir le double caractère d’histoire pragmatique et d’histoire littéraire. Eusèbe fait marcher effectivement de front, dans son œuvre, deux ordres d’événements, 1® les circonstances matérielles qui s’étaient passées depuis la naissance du Sauveur; 2® la publication des divers écrits destinés • à la propagation et à la défense de la foi nouvelle, la vie des auteurs dontla parole avait répandu l’Évangile. Ces deux ordres d’événements devaient apparaître à l’évêque de Césarée d’autant plus intimement unis, que, dans la première société chrétienne, étrangère aux passions temporelles, les événements étaient assez uniformes; la lutte des "opinions tenait lieu de faits