Ibid,, liv. vil , c. VIII
DU CHRISTIANISME
conformité avec les principes que professaient les orthodoxes. Ainsi, pour en fournir un exemple frappant, après avoir parlé de l’éloquence et de l’érudition de Papias, évêque d’Hiérapolis ', de sa profonde connaissance des lettres saintes , après avoir montré, par un extrait de ses ouvrages qu’il fut un des premiers héritiers de la doctrine apostolique, il rejette plusieurs de ses idées, sous prétexte que ce môme Papias, esprit médiocre, n’avait pas bien saisi des vérités annoncées par les apôtres sous une forme figurée. En réalité, Eusèbe récuse l’opinion de Papias, parce qu’il s’aperçoit qu’elle n’est pas conforme avec celle qu’il tient pour la véritable tradition apostolique. Si l’évôquc de Césarée avait pris soin de rapprocher la doctrine de Papias des épîtres apostoliques, il aurait vu que loin de s’ôlre mépris sur leurs enseignements, l’évêque d’Hiérapolis avait, au contraire, adopté leurs idées millénaires, à peu près abandonnées au temps d’Eusèbe; et cependant il remarque que ce docteur fait souvent usage de passages tirés de la première épître de saint Jean et de la première de saint Pierre *. « Papias , écrit l’évêque de Césarée, rapporte certaines paraboles du Sauveur qui approchent fort de la fable et qu’il avait apprises de la tradition , comme ce qu’il raconte du règne du Christ, lequel subsistera durant mille ans sur la terre après la résurrection. Ce que je me persuade qu’il s’élait imaginé pour n’avoir pas entendu les vérités que les apôtres expliquaient sous des ligures. »
t. nUr. ccd., liv. III, c. XXXVI.