‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 172 sur 278 · lu. lil, c. xxixx · texte numérisé non relu

lu. lil, c. xxixx

On s’étonne qu’Eusèbe ait pu écrire ces lignes ; lorsqu’on lit la seconde épître de saint Pierre , où l’apôtre s’efforçant de fortifier la foi des chrétiens, ébranlée par le non-accomplissement de la fin du monde , qu’ils se représentaient comme lié à la ruine de Jérusalem , fait allusion à cette même doctrine. Il y est dit que le jour du Seigneur, celui de sa venue, viendra non du vivant de la génération présente , mais dans mille ans. « El vous, mes bien-aimés » écrit Pierre, « vous n'ignorez pas une chose, c’est qu’à l'égard du Seigneur un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour » Retrouvant dans l’Apocalypse des traces de cette même croyance millénaire, Eusèbe, toujours en vertu de son critérium, incline à rejeter ce livre comme apocryphe^, et se plaît à reproduire, sur celte mystérieuse composition, toutes les assertions de Denys, évêque d’Ale.xandrie, qui sont loin de lui être favorables.

En général, l’évêque de Gésarée, comme les chrétiens les plus éclairés de son temps, comme Origène dont il était un fervent admirateur^, appartient à l’école allégorique et se refuse à admettre liltéralemenl les faits qui blessent la doctrine plus spiritualiste qu’il s’est formée. Aussi est-il probable qu’il a omis de rapporter les faits consignés dans Hégésippe, qui choquaient sa façon dépenser; en effet, les passages qu’il cite de cet écrivain montrent que son livre était empreint de la pieuse et naïve crédulité qui fut le caractère de l’âge apostolique et qui s’était encore conservée chez les

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