Uht. eccl., liv. III, c. xxvii
2. Voy. A. Neander, Allgemeine Gescitichte der christlichen Religion und Kirche , 2® éd., t. II, p. 594 et suiv.
3. Voy. les fragments de ce canon, dans Bunsen, Christ ianily and Mankind, t. V, p. 137 et suiv. Mallicureusemenl , dans ce fragment, ce qui concerne le premier évangile maïupie, et l’on ne peut ainsi rien savoir de ce qu’il y était dit de l’évangile selon les Hébreux.
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des passages de l’Évangile selon les Hébreux , ce qui fait voir qu’il était juif converti. Il rapporte encore plusieurs traditions des Juifs qui ne sont point écrites. )>
Il ressort de ces paroles qu’IIégésippe se rapprochait beaucoup des Ébionites, s’il n’appartenait pas tout à fait à leur communion. L’Évangile selon les Hébreux qui , bien que fort analogue à l’Évangile saint Mathieu , en différait cependant à plusieurs égards*, était adopté par cette communion. Eusôbe, ignorant la langue araméenne n’avait pu lire ce livre, qui ne fut connu des Occidentaux qu’un peu plus tard, au temps de saint Jérôme Mais il se déliait d’un ouvrage adopté par une secte dissidente, et Hégésippe qui y avait prêté foi lui devenait par cela seul suspect. Remarquons d’ailleurs que c'est moins l’orthodoxie de cet écrivain qu’il fait ressortir, que les preuves que lui fournissent ses commentaires en faveur de ce qui est pour lui la tradition apostolique. Hégésippe, à en juger par les citations d’Eusèbe, avait amplement traité de l’histoire des chrétiens de la Judée, divisés de. bonne heure par des rivalités de doctrine et de personne. Chrétien de l’Église gréco-latine, qui avait attiré à elle la direction de la foi, Eusèhc se soucie peu de nous apprendre la curieuse histoire de la communauté juive. Et se privant volontairement des documents qui pou-
1. Voy. L. de Welle, Lelirbuch der Uhtorisch-kriiischen Einhiluiiij in die kanonischen Bûcher des Neuen Testaments , 4" éd., § G4.
2. S. Hicronym. de Vir, illust., c, ii. Comment, ad Mich,, Vit, (î. Comment, ad Matt., XII, 13, XXVII, IC. Comment, ad Jes., XI, I. Adv, Vctaijian., III, 2.
DU CHRISTIANISME
vaienl jeler un grand jour sur les premiers temps du clinslianismc, Use voit réduit aux seuls Actes des apôtres et aux Épîtres. Cependant ce qu’il emprunte à Hégésippe nous montre que l’Église de Jérusalem demeura pendant quelque temps sous le gouvernement de ceux qui avaient connu le Sauveur et reçu les premiers scs enseignements. L’apôtre Jacques, surnommé le Juste, en fut le premier évêque. Eusêbe en compte quinze depuis sa fondation jusqu’au siège de la ville sous Hadrien. Le second évêque fut Siméon, fils de Cléoplias et cousin de Jacques ‘. Les détails que l’évêque de Césarée emprunte à Hégésippe sur ce Jacques, dit le Juste, frère du Seigneur indiquent clairement qu’il avait embrassé le principe et le genre de vie des Ébionites. C’est à ce Jacques que l’on attribue des épîtrcs catholiques dont une nous est parvenue et a été insérée dans le canon des cbrétiens; elle porte tous les caractères de l’autbenticité, et son style répond à ce que nous savons du langage et des sentiments des premiers Juifs convertis ; elle respire une douce et naïve moralité ; on y trouve consignée la croyance à la venue prochaine du Sauveur et à la fin imminente du monde Mais Eusèbe, toujours peu favorable à ce qui émane de l’Église juive, quand bien même elle a pour elle un apôtre, qualifié de frère de Jésus, émet des doutes sur rautbenlicité des épîtres de saint Jacques aussi bien que sur celle de l’apôtre Jude que l’Église catholique