llist. eccl., llv. III, c. MU
2. Voy. MiiUhicu, XXIV, 2, 15-31, 3Sj Marc, XIII, C-27 ; Luc, XXI, C-28, 32-3C.
3. Voy. à ce sujet lu belle et savatile publicalion ileM. C. Alexandre, intitulée : Oracuta sibtjUina; Paris, 185C, 2 ^ol. in-8“.
moyen âge, on constate que la crédulité et le goût du merveilleux firent bien des progrès après lui. Vainement chercherait-on dans son livre des traces de ces légendes qui faisaient prêcher l’Évangile dans la Gaule et l’Espagne, dès les règnes de Claude et de Néron, par des apôtres ou quelques autres disciples du Christ. Il est vrai qu’Eusèhe emprunte h Hégésippe la relation du martyre du frère du Sauveur, Jacques, personnage distinct, selon lui, de celui des douze qui portait le même nom, et qui , à son dire, aurait eu la tête tranchée'. Or Joseph Scaliger a fait ressortir le caractère fabuleux de cette relation consignée dans l’histoire apocryphe des douze apôtres attribuée à Âbdias, évêque deBabylone''. Mais-on comprend que l’évêque de Césarée se soit montré empressé d’accueillir le témoignage d'Hégésippe qu’il savait si bien informé de l’histoire de la communauté ébionitc. Notons d’ailleurs qu’Eusèbe ne reproduit pas les autres légendes du prétendu Âbdias , encore moins celles qui trouvèrent créance plus tard et qui ont donné naissance à une biographie complète des douze apôtres ^ Eusèbe ajoute aussi foi à une prétendue vision de Denys, évêque d’A-
1. Hist. eccl.,\\v. Il, c. xxiii. Cf. c. g. La distinction de Jacques, frère de Jésus, et de Jacques l’apôtre, semble d’accord avec un passage de l’Épître de saint Paul aux Corinthiens; elle a été adoptée par saint Grégoire de Nysse, saint Cyrille de Jérusalem et quelques autres.
2. Voy. cet ouvrage dans Fabricius, Codex pseudepigraphui Novi Testamenti , t. Il, p. 388.
3. Voy. l’ouvrage publié par C. Tischendorf, sous le titre de : Acta apostolorum apocrypha (Leipzig, 1651), recueil d’actes apocryphes grecs de la vie des Apôtres.
DD CHRISTIANISME
lexandrie, qu'a évidemment supposée celui-ci, pour éire autorisé à lire les écrits des hérétiques, sans encourir le reproche des fidèles, comme l’a très-bien fait voir Strothius. Mais ce n’est là qu’un détail. Enfin les miracles, les résurrections, ne font de sa part l’objet d’aucun examen critique ; il n’aurait pu l’entreprendre lors même qu’il en aurait eu la pensée. Les moyens de contrôle faisaient défaut ; mais il n’entre pas dans son plan de rechercher jusqu’à quel ponit ces miracles étaient établis; il les enregistre comme des faits qui n’étonnant pas sa foi ne soulèvent chez lui aucun doute ' . La sincérité de l’évéque de Césarée ne saurait donc être ici soupçonnée. II est toutefois un point .sur lequel on pourrait s’appuyer pour la mettre en question. Dans un passage, Eusèhe altère le texte mémo de Josèphe qu’il cite en substituant l’ange exterminateur au hibou, oiseau de sinistre présage dont parle l’historien juif. Cette substitution se rapporte trop bien au but que se propose l’évéque de Césarée, pour qu’on y puisse voir l’effet d’une simple inadvertance, car au commencement du chapitre il parle de l’ange exterminateur comme ayant frappé, par l’ordre de Dieu, le coupable Agrippa. Eusèbe a évidemment mis ici dans la bouche de Josèphe un détail tiré de la légende chrétienne de la mort du tétrarque Israélite, détails qu’il a voulu appuyer par là de l’autorité de cet imposant écrivain. Ces petites fraudes ont été regardées, par les Pères de cette époque, comme de bonne guerre contre