‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 185 sur 278 · Hisi. eccl,, llv. 1 , c. vi et vu · texte numérisé non relu

Hisi. eccl,, llv. 1 , c. vi et vu

LA l-fiEMlÈKE HISTOIRE

lexandrie, dans le passage qu’a reproduit Eusèbe, montrent quelle incertitude s'attachait encore de son temps au véritable auteur des Épîtres de saint Jean.

Eusèbe emprunte seulement à Papias ce qui peut confirmer ses propres idées, et il supprime pour le reste le témoignage si précieux d’un des plus anciens confesseurs du christianisme. Par une autre fatalité, saint Jérôme, tout en louant les ouvrages de Papias, a négligé d’en faire la traduction que lui demandait Lucinius En sorte que les écrits du disciple de Jean sont, tout donne à le penser, à jamais perdus.

L’évéque de Gésarée s’est montré moins prévenu contre Polycarpe, comme Papias disciple des apôtres, sans doute parce qu’il n’avait trouvé dans ce qu’il avait lu de ses écrits rien de contraire à l’orthodoxie. En effet, l’épître de Polycarpe aux Philippiens, que nous avons encore aujourd’hui et que l’évéquc de Gésarée cite surtout, non d’après l’original, mais d’après saint Irénée, est empreinte d’un caractère évangélique tout .moral, et ne contient rien de précisément théologique. De môme que dans les épitres de saint Paul et de saint Pierre, auxquelles Polycarpe se réfère, le dogme y est fort simple. On retrouve le même caractère de simplicité dans les Actes du martyre de saint Polycarpe qu’Eusèhe donne in extenso.

Quant à Hégésippe, j’ai dit plus haut pourquoi l’évêque de Gésarée n’a guère puisé à son Histoire, malgré le respect dont le nom de cet écrivain était entouré et qui lui valut plus tard le titre d’homme

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