lOid., liv. IV, c. VI
3. Cr. Grabe, Spiciletj. SS. Patrum, t. II, p. 128. H. J. Routh , Reliquite tacra, editio altéra, l. I, p. 95.
Dü CHRISTIANISME, 279
l’extrême simplicité queCelse reproche à son ouvrage qu’on y retrouvait la naïve crédulité qui fut le propre des premiers Hébreux convertis et qui caractérisait l’Église de Jérusalem. J’ai déjà parlé plus haut de cette Église qui se trouva séparée de bonne heure des communautés chrétiennes de la Grèce et de l'Occident. \j'TIistoire ecclésiastique d’Eusèhe suffirait à elle seule pour nous convaincre que les Chrétiens hellènes et latins n’avaient conservé avec ceux qui étaient pourtant les héritiers directs des premiers témoins de la prédication du Christ, aucune relation ; car lorsque le témoignage de Josèphe vient à manquer à l’évêque de Césarée, il en est réduit à de vagues indications pour ce qui touche à l’histoire de la foi en Palestine Le défaut d’union de l’Église mère de Jérusalem avec celles d’Antioche, d’Alexandrie, de Corinthe, de Rome, fait comprendre pourquoi le christianisme orthodoxe se perdit de bonne heure dans sa terre natale , pourquoi les sectes hérétiques y prédominèrent longtemps. En Judée, la foi nouvelle ne se dégagea pas du mosaïsme auquel elle était liée dans le principe ; elle fut retenue dans ses chaînes. Aussi les Chrétiens occidentaux qui avaient brisé avec l’ancienne alliance, repoussèrent-ils les Ebionites comme des hérétiques et proscrivirentils leur évangile.
Les lettres de Clément, évêque de Rome, citées par Eusèbe, ont soulevé, la seconde de bonne heure et la première dans ces derniers temps, des doutes sérieux*.