‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 193 sur 278 · Évang, apocr., p, u et auiv · texte numérisé non relu

Évang, apocr., p, u et auiv

l’évangile

dans son œuvre le livre entier, simplement altéré, remanié ; les ouvrages de cette classe ayant subi des changements presque à chaque copie qui en était faite.

Toutefois ces additions me semblent avoir été assez nombreuses pour que les Gesta Pilati en aient reçu le caractère d’un livre nouveau; l’édition en fut au moins singulièrement enrichie. Au deuxième siècle de notre ère, on connaissait encore trop le style des rapports des magistrats romains, qui d’ailleurs n’écrivaient pas en grec à Rome , pour avoir fait tenir à Pilate le langage que lui prête l’apocryphe , pour qu’on ait parlé de lui en pareils termes, si l’on prétendait donner l’écrit comme émané de lui. Nous possédons deux prétendues lettres du procurateur à Tibère dont on a fréquemment invoqué le témoignage en faveur de la véracité du Nouveau Testament ; or ces lettres sont totalement différentes de ÏEvangile de Nicodéme.

Il est, du reste, probable que ces deux pièces apocryphes n’étaient pas les seules de ce genre qu’on eût données comme ayant été adressées à Tibère. Il ressort d’un autre apocryphe que nous connaissons par une version arabe et qui avait été vraisemblablement composé au quatrième siècle, qu’il existait une prétendue lettre d’Abgare à Tibère sur les miracles opérés au nom du Christ. Le nom de Veronica^ Bspcvtotï), sous lequel, au chapitre VI , est désignée l’hémorrhoïsse guérie

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