Cateches. XIX, c. x, p. 310, éd. Toutlée
DE NICODÊME.
çsvifjcaçŸiYetpe'. »Un des plus illustres Pèresde l’Église orientale, saint Éphrem, qui vivait au quatrième siècle, nous fournit une longue suite d’allégories du même genre offrant toute la vivacité d’une peinture de choses matérielles. La langue dans laquelle il écrit , le syriaque, se prête au reste davantage à l’emploi de la prosopopée et de l’éthopée :
« Ainsi donc ceux qui veulent rester fidèles à la sagesse, doivent tenir pour assuré que le lieu où il faut que nous nous rendions tous , est l’empire des morts, dans lequel la Nuit obscure et l’insondable Chaos s’apprêtent à nous recevoir. La Mort, la geôlière et la maîtresse de ce lieu, en parcourt tous les réduits et y fait entendre les rugissements d’une lionne. Là gisent pêle-mêle enchaînés les grands et les hommes de rien; leur corps, devenu la proie des vers, tombe en pourriture; leurs chairs flétries se détachent en lambeaux. La Mort se rit de la jeunesse et de la virginité ; elle dévore les muscles et les os; elle anéantit toute la beauté, toute l’élégance du corps humain. Des bourreaux assistent la Mort, cette reine du lieu, comme je l’ai dit. Chef et soldats sont également
cruels, ils sont sourds à toute plainte La race
d’Adam sert, dans ce lieu, de pâture au Serpent; plongée dans ce cachot, elle mène une existence infortunée ; elle pousse de profonds soupirs , elle verse des larmes amères, larmes inutiles, car elles n’apportent aucun allégement à sa misère : sort commun à tous les humains et dont n’ont pas même été exemptés les géants