‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 217 sur 278 · Éd. Dulaurier, Fragments traduits du copte, p · texte numérisé non relu

Éd. Dulaurier, Fragments traduits du copte, p

2. Zoega, Catalog. cod. copt, in mus. Borg., p. 231 ; Dulaurier, p. 33, 34.

l’évangile

leur de la seconde partie du pseudo-évangUe a puisé l’idée de presque tous les faits dont se compose la relation des prétendus fils de Siméon , et cette circonstance me semble un indice certain que la fable est l’œuvre d’un juif converti ou du moins d’un chrétien imbu des croyances judaïques et gnostiques, lequel vivait à la fin du quatrième ou au commencement du cinquième siècle.

Cherchons maintenant, par l’étude du but que le faussaire a pu se proposer, à fixer cette date d’une manière plus précise.

La plupart des livres supposés que les premiers siècles du christianisme ont vus éclore en si grand nombre, étaient, on le sait, composés dans l’intérêt d’une secte, d’pn parti, en vue d’appuyer telle ou telle doctrine , de confirmer tel ou tel dogme en litige. Le récit de Luciusetde Garinusayant évidemment pour objet d’établir la réalité de la descente de Jésus aux enfers, doit donc, selon toute vraisemblance, avoir été forgé à une époque où ce dogme était un objet de controverse. Or nous savons qu’à la fin du quatrième siècle, les Apollinaristes, qui avaient pour chef Apollinaire, évêque de Laodicée, le rejetaient, parce qu’il ne s’accordait pas avec la manière dont ils entendaient l’incarnation ‘.

1. Voy. Neandcr, Allgemeine Geschichte der chrisiHch. Religion u. Kirche , 2“ Ausgab., I. Il , p. 923 ; Milnscher, Uandb. der chrhtlich. Dogmengetchichte , t. iv, p. 402. Le premier qui ait Tait remarquer que rinserlion du dogme de la descente aux enfers dans le symbole fut suggérée par la pensée de repousser cette hérésie, est Pierre King. M. G, Holger Waage a cherché à combattre cette opinton dans sa dissertation intitulée : De œtate articuli quo in symbolo apostolico traditur Jesu Christi ad inferos descensus, Havniœ, 183G. Mais,

liE NICODÈME.

En effet, suivant ces hérétiques, il n’existait point en Jésus deux natures, l’une divine et l’autre humaine; il n’y avait qu’un corps humain doué tout au plus d’une force vitale, et la personne divine seule l’animait. Donc l’dme du Christ , loin de participer du caractère des âmes humaines, ainsi que l’enseignaient les orthodoxes, n’était autre, d’après Apollinaire, que la Divinité même. Une conséquence naturelle de celte opinion était la négation de la descente de Jésus aux enfers; car, par celte descente, le Sauveur s’était soumis aux conditions auxquelles les âmes des hommes avaient été jusqu’alors assujetties; il avait fait acte d’humanité en Ame et en corps. Aussi voyons-nous saint Athanase, dans son Traité contre les ApolUnaristes soutenir que le fait de la descente du Sauveur aux enfers va droit contre leur erreur.

L’Église condamna dans divers conciles l’hérésie d’Apollinaire et en dernier lieu dans celui de Constantinople, en 382 Afin d’empôcher toute équivoque sur la foi de Nicée, saint Athanase introduisit dans le Symbole la phrase sacrapientelle : xa-:Ÿ;>.0ev h Aoy;

à mon ovis, M. Waage n’a rien montré qui n’eûl été établi par d'autres théologiens avant lui, à savoir que la descente de Jésus aux enTers était un dogme depuis longtemps reçu par les Pères. Or tel n’éluil pas le point à établir ; en sorte qu'il demeure constant pour moi, ainsi que l’ont admis Knapp, Tschirner, Hase, Neander, MUnscher, P. S. Muller, que l’énoncé formel de ce dogme dans le symbole ne (laie que de la Qn du quatrième siècle et qu’il a été introduit dans l’intention de eombaltre i’apollinarisme.

1 . l.ib. I , c. XIII , ap. Oper. , cd. Ilencd,, t, 1 , part, ii , p. 93.3.

2. Les Apollinarisles furent condamnés dans les conciles d’Alexandrie en 3G2, de Rome, en 373, d’Antioche, en 372.

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