Concil, ed. l.abb., t. II, col. üOI
l’évangile
Le grand nombre de condamnations portées contre ces sectaires, l’abondance des écrits dirigés contre eux par des Pères tels que saint Athanase, saint Basile, saint Grégoire de Nysse , montrent combien leurs opinions s’étaient accréditées, La science et les vertus de leur chef commandèrent toujours à l’Église de grands ménagements, et les chrétiens d’Asie et d’Égypte accueillirent notamment avec faveur les doctrines qu’il prêchait *.
Il est donc vraisemblable que la seconde partie de X'Evajigile de Nicodcme a été forgée plus particulièrement dans le but d’en imposer, par un témoignage formel, aux dénégations des Apollinaristes, et d’opposer un texte soi-disant authentique à la persistance avec laquelle ceux-ci se refusaient à admettre un dogme non explicitement formulé par le Symbole deNicée. Je dis explicitement, parce que, dans l’opinion de plusieurs Pères des siècles antérieurs, la descente de Jésus-Christ aux enfers était une conséquence de sa mort. Les Ariens, qui, par la nature de leur doctrine, n’étaient pas moins opposés que les orthodoxes au monophysisme d’Apollinaire, firent profession de ce dogme dans les conciles de Sirmium et d’Ariminium Ils furent les premiers qui en insérèrent une mention formelle dans leur confession, et ils ajoutèrent même aux mots; eî? Tà xaTa/Oévta xa-£A9ir:a, xal Ta èxstae clx5vog.Yi3avTa, une phrase par laquelle ils exprimaient
1. Voy. sur Apollinaire , Pliiloslorg., Uist. eccl,, lib. VllI, c. xiv D. R. Ceillier, Hist, des auteurs ecclésiastâ/ues , t. VI, p. 588, 581.