I. Concil., ed. Labb., t. Il, col
l’évangile
remettre en circulation, et les avait rattachés à la seconde partie de V Evangile de Nicodême. Il y est dit que la prétendue traduction de l’hébreu fut trouvée la dixhuitième année du règne de Flavius Théodose et sous l’augustat de Valentinien; ce qui nous reporte à l’année 423 de notre ère Or des manuscrits grecs il n’y en a qu’un qui contienne la préface, et c'est un de ceux où se trouvent précisément réunies les deux parties essentiellement distinctes dont se compose aujourd’hui le pseudo-évangile. On rencontre la môme préface dans la version copte de Turin, qui est du cinquième siècle. Ainsi tout concourt à faire dater de la fin du quatrième ou du commencement du cinquième siècle la composition de la seconde partie de Y Evangile de Nicodême. L’auteur de la découverte, le juif converti Ânanias, qui prend soin de se nommer et se donne comme versé dans les lettres sacrées, n’est-il pas le faussaire même?
Je m’arrête ici, et ne suivrai pas dans les siècles suivants la destinée de cette œuvre apocryphe. M. Thilo en a à peu près retracé l’histoire dans son excellent ouvrage. Je me bornerai à faire remarquer que nonseulement les textes, mais aussi les monuments figurés, nous fournissent la preuve de la foi vive qu’eut longtemps le vulgaire dans le récit du pseudo-évangile. Plusieurs représentations de l’époque byzantine en rappellent d’une manière frappante diverses circon-
1. Evantj. apocrypli., p. Î04. Voy. la note de Thilo, p. 493.
2. Le manuscrit n® 770 de la Bibliothèque impériale de Paris, qui est du quatorzième siècle. Voy. Tischendorf, Evawj. apocrypli., p. 7 1.
UE MCODÊME.
stances. Ainsi des diptyques représentant la descente de Jésus aux enfers, que Gori ‘ a publiés, semblent avoir été inspirés par un des traits qu’on y trouve rapportés. Sur un de ces monuments, se voit le Christ portant l’étendard de la victoire Il .se penche vers le fond de l’enfer, représenté, comme le Ténare, par un antre, et en tire par la main un des saints qui s’élance vers lui ®. Les portes de l’enfer gisent brisées sous ses pieds. Sur un autre diptyque, Jésus foule aux pieds le démon, pour aller délivrer les justes qui l’attendent dans les Limbes. C’est bien la représentation de cette phrase du texte latin de notre Évangile : Tune liez gloriœ majestate sua conculcans Mortem et comprehendem Satan principem L’homme à la grande barbe et aux longs cheveux auquel le Sauveur donne la main, paraît être Adam, personnage également représenté sur le diptyque noté ci-dessus. A la manière dont le Christ est figuré le tirant à lui, l’artiste semble avoir voulu rendre cette expression que fournil le même texte : Et attraxitAdam ad suam claritatem
Des sujets analogues se voient dans des peintures de manuscrits latins du neuvième au douzième siècle. Sur un manuscrit grec publié pard’Agincourt®, on remarque le Christ portant la croix grecque et gravissant le
1. Thesaur. vêler, diptych,, t. III, p. 304, 344 , (ab. xxxii et l.