‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 222 sur 278 · C. XXV, p, 749 , Thilo · texte numérisé non relu

C. XXV, p, 749 , Thilo

DE NICODÊME. 331

Tî]; à[j.apT(aç, xb xéXsç r.i'noq xax.su ainsi qu’il cst désigné dans notre apocryphe.

Ces représentations, déjà curieuses par les idées matérielles et grossières qu’elles dénotent chez leurs auteurs, le deviennent encore davantage par les rapprochements qu’on vient de lire ; elles nous montrent que YEvangile de Nicodême était une des sources auxquelles l’art chrétien empruntait ses sujets. Et l’acceptation de la légende de la descente aux enfers, parles artistes, dut singulièrement enraciner la croyance qu’avait le vulgaire à sa réalité. Dans une époque où la foi gagnait presque tous ses prosélytes en s’adressant à l’imagination et aux yeux, il n’y avait pas de plus sûr moyen pour propager une doctrine, que de répandre des images qui l’exprimaient sous une fonne sensible.

Aujourd’hui l'Evangile de Nicodême est complètement oublié du vulgaire, qui en ignore jusqu’au nom. Mais s’il a cessé de fournira la piété crédule un aliment, un sujet d’édification; il conserve pour[rhistorien et le philologue un grand intérêt ; car il leur fournit des lumières précieuses sur les croyances et les idées des premiers chrétiens.

On s’étonnera peut-être que je n’aie presque rien dit, dans le cours de ces recherches, de la dissertation que Beausobre a insérée dans son Histoire du Manichéisme La raison en est qu’à part l’hypothèse émise par ce critique, d’ailleurs si éminent, sur l’origine des

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