Voy. sa troisième dissertalion sur lesAbraxas, p
que toutes les sectes gnostiques, la justification de leurs rêveries dans les évangiles, voulaient voir une image de la Prounice dans l’hémorrhoïssc, et c’est à cela qu’Origéne fait allusion dans le passage que j’ai cité. Ces sectaires regardaient en effet les douze année que cette femme avait*souffert de la perte de sang dont Jésus la guérit, comme le symbole des douze Éons. Le flux sanglant leur représentait la force céleste de la Sopbia- Prounice s'écoulant vers le monde inférieur où elle enfante la dodécade éonique. La guérison était aussi pour eux l’emblème d’un des Éons, représenté comme ayant été guéri de son état de souffrance. Saint Irénée, qui nous a fait connaître ces imaginations singulières, les repousse énergiquement ' .Je n’en exposerai point ici tout le détail. Ce que j’ai dit suffit pour montrer comment l’hémorrhoïsse a pu devenir le type de Prounice et en recevoir ensuite le nom.
Une fois cette appellation appliquée à la pieuse femme de l’Évangile, on comprend facilement que des hommes moins instruits des idées gnostiques que ne l’était saint Irénée, aient fait de Prounice une femme véritable, une vierge pleine de sagesse. Aussi nous lisons dansNicétas Choniates’* que les gnostiques honoraient une certaine femme appelée Prounicos, npsuvtxc;, à laquelle ils attribuaient la vertu qui est dans la semence; parce que, ajoute-t-il, ce mot signifie coïL On reconnaît tout de suite ici le souvenir du sens mystique attaché à cette femme, image de la génération des êtres
1 . Adv. Narres,, lib. 1, c. iti, p. 15 ; lib. II, c. xxiil, tid. Massiicl.