Thésaurus orlhodoxa: Jidei catholicce, iv
matériels, dont la production des Éons inférieurs par la Sophia, tombée dans les voies terrestres, offrait un symbole non équivoque. Il se peut, du reste, que l’erreur de Nicétas n’ait pas été aussi complète qu’elle le semble tout d’abord, et qu’à l’instar de beaucoup d’autres chefs de sectes ^nostiques , Valentin ait traîné avec lui une de’ ces hystériques ou extatiques qui se donnaient pour des incarnations de la Sophia , du Pneuma, telles qu’étaient l’Hélène de Simon et la Philoumène d’Apelles *. Ce fait n’importe toutefois en aucune façon à l’explication que je propose.
L’hémorrhoïsse a été appelée Prounice, voilà ce qui me semble bien établi ; maintenant que ce nom ait été l’origine de celui de Bérénice ou Boronice, donné plus tard à la même femme, c’est ce qui me paraît infiniment probable.
La célébrité dont jouit \' Evangile de Nicodème où ce nom se rencontre pour la première fois sous la forme de BepvaY] , explique comment l’opinion que l’hémorrhoïsse s’appelait Bérénice ne tarda pas à se répandre. Toutefois elle n’était point encore acceptée par l’Église latine, au cinquième ou sixième siècle,
1. Cl Simon niagus h.Trusini condidit, Helenæ tnereiricis adjulus « auxilio , Nicolaus Aniioclienus, omnium immundiliaruni rcperlor, c choros duxil femineog. Marcion Romam præmisit mulierem quæ Il dccipiendos sibi animos præpararet. Apullcs Philumenem suaruia « comitem habiiit docirinarum. Monlanus immundi gpiritus pnodicalor, « militas ecclesias per Priseam et Maximillam , nobiles et opulenlas « ræminas, primiis auro rorrupit, deinde hæresi polluit. » S. Ilieronym,, Epistol, ad Ctesiplionl, adv. Pelayianos , ap. Op. T. IV, col. 477 (Paris, 170G).
puisque l'auleur du sermon de Salomone attribué à saint Ambroise , donne à Tbémorrlioïsse le nom de Marthe et en fait la sœur de Lazare.
La connaissance de la Bérénice des légendes grecques ne paraît avoir pénétré en Italie qu’à une époque comparativement beaucoup plus moderne, et cette fable s'accrédita par la confusion qui s’opéra entre son nom et celui de Vera icon, Veronica, appliqué à la figure du Christ exposée, peinte sur un linge, à Saint-Pierre du Vatican^. Plusieurs bulles des papes établissent que cette image était, en effet, connue sous le nom de Veronica, forme altérée du nom de Vera icon, la vraie image. La piété populaire aimait à y voir l’empreinte laissée par le Christ sur le suaire. On ne tarda pas à en montrer d’autres. Saint Jean de Latran, où une de ces figures est connue sous le nom de Sancta sanctorum, Turin où une pareille image s’appelle le Sacré voile, Cologne, Laon, etc. , voulurent avoir la leur*!
« Par le nom de Véronique, écrit Baillet\ on n’en- « tendait rien autre chose qu’une vraie image du Sau- « veur, peinte sur un mouchoir ou une toile que l’on « appelait saint suaire, parce que ordinairement on « n’y représentait que la tête du Sauveur par le de- « vaut, c’est-à-dire la face avec les cheveux. On ne « l’entendait point autrement à Rome où l’on voyait
J. Serm. XLVI , de Salomone, § 14, ap. S. Ambros. Oper., I. II, Appentl. col. 454. Paria, 1G90. u Diim larguiii sanguinis fluxum siccat in Marlha, dum dæmonrg pellit ex Maria, etc. »