Trad. cit., p
4. Nous lisons, par exemple, dans le voyage de VArUmhe, que celte Trégate , après avoir lutté contre le mauvais temps et être parvenue à passer la pointe d’Achen le 23 novembre, fut conduite par la mousson du N. E., le surlendemain malin, en vue de la montagne de Hay-Cook, non loin de la pointe do Galles. Voy. Laplace, Voyage de circumnavigation de l’Àrtémite, t. 111, p. 53.
DE l’asie occidentale. 363
Édrisi, au sud d’Al-Ramny. Évidemment, c’est par l’effet d’une première erreur, qu’il a commis celte nouvelle inexactitude. Sachant qu’El-Binan était voisin d’Al-Ramny, et croyant qu’on ne comptait que trois jours de cette deimière à Sérendyb, le géographe arabe n’en dut pas compter davantage pour la distance de la première. II suffit de lire sa Géographie s’apercevoir qu’il ne se pique pas dans ses évaluations itinéraires, de plus de rigueur. Édrisi aurait-il confondu El-Ramny avec une île ou une côte d’un nom analogue, qui avait été effectivement placée dans le voisinage de Geylan? Ce qui viendrait à l’appui de cette supposion, c’est qu’El-Ramny était aussi le nom d’un royaume de l’Inde, et que l’on trouve dans le golfe de Manaar une île appelée Ramisseram, laquelle est située près d’une péninsule qui se termine par une pointe nommée lîamen. C’est précisément le chenal situé entre cette pointe et l’île que fréquentent habituellement les caboteurs de ces parages *.
On peut encore supposer, pour s’expliquer l’erreur d’Édrisi, que des navires arabes se rendant à Malacca sont arrivés parfois à Sumatra, en croyant être dans le voisinage de Ceylan. Des méprises pareilles sont extrêmement communes dans ces eaux. La force des moussons, la violence des courants, vous poussent avec une rapidité dont l’estime, seul guide dans ces temps d’ignorance hydrographique , ne saurait vous avertir. Nous ne citerons à l’appui de cette remarque qu’un e.xem-
1 . Leprédour, Instruction» nautiques sur les mers de l'Inde, d’après Horsburgh, t. Il, p. 190.
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pie qui nous est fourni par les Instructions nautiques pour les mers de l'Inde Au commencement (lu dix-huitième siècle, le navire le Derby, capitaine - Fitzhugh, se rendant du cap de Bonne-Espérance au Bengale, alla reconnaître les lies qui sont au large de la côte O. de Sumatra par le i® 23’ lat. S., et les prit pour les Maldives ; il fit route au S. avec des vents variables du S. 0. et du S. E., et eut connaissance des lies Poggy et de Trieste, qu’il pensa être l’extrémité S. de la chaîhe des Maldives. En continuant à se diriger au S., il eut quelquefois connaissance de la haute terre de Sumatra; enfin il arriva jusqu’en vue de l’île Claps , sur la côte de Java , poursuivant toujours sa méprise jusqu'à ce qu’il en fût détrompé par un navire qu’il rencontra dans ces parages.
Enfin, on pourrait expliquer d’une troisième façon cette erreur, par 1a confusion que les Orientaux firent des îles du Zibedj, c’est-à-dire de Java et de Sumatra avec Ceylan. Albirouni nous dit, en effet, que ces îles étaient aussi appelées Sourendyb , c’est-à-dire îles d’or^.
Mais il serait superflu de tant s’appesantir sur les raisons qui ont pu occasionner l’erreur d’Édrisi ; le point important à établir, c’est qu’Al-Ramny était le nord de Sumatra , ou même Sumatra tout entière. Quant à la partie de celte grande île visitée par Soleïman, elle ne saurait être que le royaume puissant de Pédir ; les Portugais , à leur arrivée dans l’île , le