‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 244 sur 278 · Leprédour, ouv. cil., t. Il, p · texte numérisé non relu

Leprédour, ouv. cil., t. Il, p

2. Yoy. Mémoire de M. Reiaaud, Journal asiatique, 4* série, t, >V,

DE l’asie occidentale. 365

Irouvèrcnt constitué depuis longues années, faisant un commerce considérable avec toutes les nations asiatiques*; il y avait alors de nombreux établissements musulmans , preuve certaine que , depuis un laps notable d’années, les navires arabes venaient aborder à la côte. D’ailleurs le témoignage de Masoudi, beaucoup plus éclairé que celui d’Édrisi, confirme pleinement ma supposition. Il nous apprend, en effet*, que l’on comptait 1,000 parasanges de Sérendyb à un autre archipel nommé Er-Bamm, et il ajoute, comme Soleïman, ce qui ne permet pas de douter que ces îles ne répondent à notre Al-Ramny, qu’elles renferment beaucoup de mines d’or, et sont gouvernées par des rois ; il nous apprend que dans la meme mer est la ville de Fansour, qui a donné son nom au camphre que l’on y récolte. Plus loin, il parle encore de l’or des îles Er-Ramin et des éléphants qui s’y trouvent. Ainsi Al- Ramny est placé dans Masoudi à une distance de Sérendyb qui convient parfaitement à l’éloignement de celte île par rapport à Sumatra, et l’on s’explique, dès lors, l’étendue qu’Édrisi etSoleïman lui assignent. Les Er-Ramin de Masoudi sont très-probablement Sumatra et les îles de la pointe d’Actien et de la côte N. E.

1. Voy. Da Asia de Joào de Barres, t. Y , Dec. II, p. 39G cl suiv. (Lisboa, 1777), el t. V, Dec, III, p. 511. On lit dans ce dernier passage : De Iodes estes rcynos o de Pedir foi o maier e mais celebrado naquellas parles, e isio antes que Mulaca Tossc povoada. E a elle coneorriam ludalas naos , que liiani do Poncnie , e vinham do Levante, como a emporio e feira, onde se acliavam todalas mercadorias, etc.

2. El Mas’udi’s , Ilistorical encyclopœdia , transi, front arable, vol. 1 , p. 352. London, 1841.

DES ANCIENS RAPPORTS

Une fois l’identité d’Al-Ramny et de Sumatra établie, on s’explique pourquoi la Relation ajoute que cette lie est mouillée par deux mers, celle d’IIerkcnd, et celle de Schelalicth que nous allons voir n’est autre que le détroit de Malacca ; on conçoit encore pourquoi il est dit que la première des mers que je viens de citer, celle d'Herkcnd, est exposée à un vent particulier, celui du N. O. Cette assertion ne saurait être justifiée si on limitait cette mer entre les Maldives cl le Pont d’Adam. En effet, le dernier bras de mer n’est nullement exposé à ce vent, qui n'y souffle, au contraire, que très-rarement; car on n^éprouve dans ces parages, en dehors des deux moussons du S. O, et du N. E., que des vents fort variables. Mais si on étend la mer d’Herkend jusqu'à la côte de Sumatra et aux lies Nicobar, l’assertion est parfaitement exacte : car sur la côte O. de la première de ces îles, règne précisément une mousson particulière, celle du N. O., qui est généralement très-forte depuis octobre jusqu’en janvier, et diminue vers mars'. Aux environs des îles Nicobar, ainsi qu’entre elles et Junkseylon, on a généralement, pendant la mousson du N. E., un fort courant du N. O. Ainsi les Arabes désignaient, sous le nom de mer d’IIerkend, celle qui s'étend des Maldives à Sumatra et à l’archipel des Nicobar et des Andaman. DéjàWalckenaëravait identifié la mer d’Herkend avec le golfe de Bengale, dans la courte analyse qu’il a donnée d’un de ses mémoires, demeuré inédit.

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