‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 25 sur 278 · Voy. ce qui est dit plus loin sur Ayou · texte numérisé non relu

Voy. ce qui est dit plus loin sur Ayou

LA RELIGION

obtenu par le frottement de 1 ’arani et conséquemment l’institution du sacrifice. C’est la présence, ou comme le dit le Vôda, la naissance d’Agni qui détermine le commencement de cet acte auguste. De là une foule d’épithètes données dans les hymnes à la llamme divine, épithètes se rattachant toutes à la personnification du feu qui reçoit et consume l’holocauste.

Agni est appelé le premier sacrificateur le grand pontife ^ le prêtre immortel surveillant des saintes cérémonies.

« Tu es dans nos hameaux, s’écrie Prascanva un «prêtre que Manou a constitué pour nos sacrifices. « Que dans ces jours qui appartiennent aux enfants de « Manou apparaisse sur le foyer Agni , sacrificateur, « prêtre éclairé, messager, porteur de l’holocauste, « lit-on dans un autre hymne ^ Ils l’ont établi pour

1 . La manière dont s’obtenait le feu du sacriQce est rappelée dans cet hymne de Viçvâmitra :

(I Voici le moment d’agiter (l’arani), le moment d’enfanter (Agni)... « Le Dieu qui possède tous les biens est dans les deux pièces de l'arani ; O il y est comme l’embryon au sein de sa mère. Cet Agni que, chaque «jour, les enfants de Manou, en s’éveillant, doivent honorer, avec « l’hymne et l’holocauste.

Il (Prêtre) intelligent , pousse (la pièce supérieure) dans la pièce in- « férieure, et qu’à l’inslaiil (l’arani) fécondée enfanle (le dieu) qui « remplit tous les vœux. » {Uiij-Véïta, sccl. ni, Icct. 2, h. 2.1, v. 2, Irad. Langlois, I. Il, p. 31.)

2. Riij-Véda, seet. iv, Icct. 6, li. 4, v. 2, Irad. Langlois, I. II, p. 395.

3. Ibid,, secl. iv, lect. 5, h. 10, v, 2, I. 11, p. 401. Cf. secl. n, Iccl. 1, h. 7, v. 1 et 19, t. 1, p. 315.

4. Ibid., secl. i, lecl. 3, h. 12, v. 10, Irad. Langlois, l. I, p. 84.

5. Ibid., sccl. IV, lect. 5, h. 15, v. 23, Irad. Langlois, t. II, p, 4 15. Cf. sect III, lect. 1, h. 4, l. Il, p. 0, 7.

DES ARYAS

« être le sacrificateur sage et perpétuel, le pontife aux « sept rayons. Aimable, éclatant et pur, dit encore le « Rig‘» — Sacrificateur et messager des dieux, il est « placé entre le ciel et la terre, et sage, il monte vers « les régions supérieures ; ainsi s’exprime Vamâ- « deva »

Le Rig-Vôda abonde en hymnes adressés à Agni, dont on célèbre les sept flammes, l’éclat, les qualités, la force. Enfant de la force, est une épithète qu’on aime à lui donner.

Le culte du feu servant chez les Aryas de fondement aux sacrifices, on comprend qu’il ait pris une importance toujours croissante. Ainsi que cela est arrivé dans la plupart des religions, où la vertu des rites a été plus exaltée que la puissance de la divinité, Agni finit par égaler, dans l’esprit des fidèles, Indra même ; et l’on trouve transportées au premier, dans certains chants du Rig, une partie des épithètes appliquées auparavant au souverain de l’univers.

« II a consolidé le ciel et la terre, dit d’Agni Bharadvâdja®. » — Agni triomphe des armées, éloigne les ennemis, suivant un passage d’un hymne de ViçvâmitraL Vasichtha appelle ce dieu le possesseur de tous les biens, le vainqueur de tous les maux\ » — «O Agni, s’écrie le môme poëte, à peine es-tu né, que, maître des mondes, tu les parcours, comme le pasteur

1. Rig-Vida, sect. ni, lecl. 5, h. 3, v. 4, trad. Langlois, l. II,

2. Ibid., sect. ni, lect. 5, h. 4, v. 5, trad. Langlois, t. Il, p. 123.

3. Ibid., sect. IV, lect. 5, h. 7, v. 3, trad. Langlois, t. II , p. 400.

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