‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 26 sur 278 · Ibid., sect. v, lect. 2, h. 11, v. 2, t. III, p · texte numérisé non relu

Ibid., sect. v, lect. 2, h. 11, v. 2, t. III, p

LA RELIGION

visite ses troupeaux'. — O divin maître des nations, nons t’invoquons par nos vœux, dieu brillant et fort »

Non-seulement Agni partage avec Indra la toutepuissance , parfois il usurpe môme le premier rang et devient la divinité suprême de l’Arya. C’est qu’alors il est considéré comme identique au soleil, forme visible d’Indra, qu’il est l’incarnation dans la llamme du dieu formateur des mondes. Et pourquoi cette prédominance d’Agni sur Indra, pourquoi le dieu du foyer domestique et du sacrifice qui s’accomplit à l’entour se substituet-il au dieu du ciel? C’est que l’homme a besoin de voir, de sentir près de lui la divinité qu’il invoque. Ouo>‘iu’il en rapetisse ainsi les proportions, qu’il en abaisse la grandeur, par cela seul qu’il le rapproche de sa nature terrestre, il conçoit pour lui un amour plus vif, se le représentant plus semblable aux objets qu’il aime, moins éloigné de ses passions et de ses misères, il est plus entraîné à le prier, à le chérir. L’anthropomorphisme est une nécessité du sentiment religieux. Le dieu métaphysique, la divinité insondable, infinie, ne parle pas à notre imagination, qui ne saurait le comprendre. Nous ne pouvons aimer que ce qui nous ressemble, et voilà pourquoi les dieux secondaires et plus humains ont toujours fini, dans le culte populaire, paf usurper la place de l’Être suprême. L’Arya donne sans doute encore à Agni des épithètes qui rappellent une conception plus élevée de l’essence divine, mais cet Agni est en même temps la divinité circonscrite et fa-

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