Leprédour, Instr. nautiques, f. IV, p
DES ANCIENS RAPPORTS
baignait cette île doit être la mer de Kerda ou de Kardebindj, que Masoudi place au delà de la merde Kalah'.
De Kedrendj, les navires allaient en dix journées, à un lieu nommé Senef. M. Reinaud a été fort embarrassé pour placer ce Senef; il semble résulter de ses paroles qu’il le suppose dans les environs du cap Martaban. Mais, outre les considérations précédentes, le témoignage d’Édrisi rend absolument impossible cette assignation ; car ce géographie dit que de Senf ou Senfy (le Senef de la relation) à Loukin, la première des échelles de la Chine, il n'y a que trois journées, et il ajoute que de Doiikin à Khan-fou, il n’y a que quatre jours. Ce qui ferait en tout sept journées de Senef à Khan-fou. Or, du cap Martaban à Khan-fou, il y a, au minimum, un mois et demi de navigation. Il faudrait donc prêter à Édrisi une erreur considérable. Aboulféda * dit de son côté que Sénef est une des îles de la Chine *. La relation nous apprend que l’on exportait de ce lieu l’aloès appelé El-Senfy. Édrisi et Aboulféda s’accordent à dire que le bois d’aloèsde Senf était le plus estimé. Notre itinéraire nous conduirait à placer Senef du côté de la Cochinchine. La mention de l’aloès est tout à fait d’accord avec cette position. C’est du Laos, du Tsiampa et de la Cochinchine, que vient VAloexylon agallochum de Loureiro, qui four-