‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 262 sur 278 · l'drisi, Céogr., l. I, p · texte numérisé non relu

l'drisi, Céogr., l. I, p

3. Neptune oriental, Icîilc, col. ICO. J’abroge le texte de Manne-

nES ANCIENS RAITORTS

« nation était pour la Chine , il faudrait ranger la côte M de la Gochinchine, ensuite remonter à la vue des lies « Campella avant de traverser l’ile d'Hainam. Par « cette route on prévient l’effet des courants qui, sor- « tant du golfe du Tonkin, portent vivement à l’E. « pendant la mousson du S. O. De la vue de ces lies, X on cinglera au N. E. N., pour reconnaître la côte « S. E. d’Hainam. On voit d’abord l’île Tinhosa, sur « la partie O. de laquelle est une montagne escarpée, « et l’on aperçoit surl’île d’Hainam trois montagnes « élevées. 8" au N. E. N. de Tinhosa, on découvre « Tinhosa-falsa ; contre l’une et l’autre sont des îles « couvertes de montagnes hautes , quoique moins éle- « vées que les précédentes. On arrive ensuite à Poulo- « Taya, puis à Sanciam. »

Il faut reconnaître dans ces îles nombreuses et élevées les portes de la Chine.

Résumons maintenant brièvement la route que , d’après les recherches précédentes, les navires avaient coutume de tenir de Syraf à Khan-fou.

Dans l’ignorance où l’on était alors de l’hydrographie des mers de l’Inde et de la Chine, on ne pouvait guère naviguer qu’avec la mousson la plus favorable. Les relâches ne devaient pas varier; les mômes côtes devaient être annuellement visitées. Telle est la considération qui me fait penser que la route suivie dans ces mers, mais en sens inverse, lors du voyage de Marco-Polo , lors de ceux des Portugais et des Hollan-

vlllelle, en ne reproduisant que ce qui importe à notre délermiiiation. Voy. aussi Laplace, Voyage de la Favorite , t, II, p. 270,

DE l’aSIE occidentale.

dais, aux seizième et dix-seplième siècles, était celle qu’avait adoptée bien antérieurement la pratique des bâtiments arabes et persans. Et comme dans l’itinéraire donné par M. Reinaud, ne figurent aucun des lieux qui étaient, à cette époque, le plus fréquentés par les peuples musulmans, tandis que des places qu’ils visitaient peu alors leur ont été substituées, j’ai dû supposer qu’il y avait là quelque erreur. Comment croire, en effet, que les voyageurs arabes ne nous aient rien dit de Malacca, de Sumatra, devant lesquels ils passaient nécessairement pour aller en Chine, et dans les ports desquels ils étaient forcés de relâcher?

L'itinéraire des navires arabes et persans vers la Chine, tel que je le rétablis, trouve sa confirmation dans un ouvrage que M. Reinaud m’a fait connaître depuis l’époque *où je me permis, pour la première fois, de combattre quelques-unes des ses assimilations. Je veux parler du Mohyth, compilation due à un amiral turc que la tempête avait jeté sur la côte du Gouzerate et qui mit à contribution les informations fournies par les anciens navigateurs orientaux. En effet, ce livre, écrit au milieu du seizième siècle, et dont le célèbre • J. de Hammer a publié en anglais de curieux extraits donne un itinéraire qui s’accorde pleinement avec la route que j’ai tracée.

Les divers itinéraires indiqués parle Mohyth, pour se rendre de la côte E. et S. E. de l’Arabie aux échelles de l’Inde, ne mentionnent nulle part les divers points

1. Voy. Journal of the Asiatic Society of Bengal, annûc 1834, l. Ht, p. 54C cl siiiv.

DES ANCIENS RAPPORTS

de la côle de l’Hindousian et ne les placent conséquemment pas sur la route qui conduit de Ceylan à Sumatra. Cette circonstance prouve ù elle seule que les Lütiments partis de Syraf doublaient la Pointe de Galles et se rendaient directement sur la côte de Malacca et à Sumatra, en suivant la ligne qui coupe les sixième et septième parallèles. Le vingt-septième voyage, de Di u à Malacca *, donne préci.sément cette route comme celle qui était suivie à l’époque à laquelle ont été composés les ouvrages hydrographiques qui ont servi à la rédaction du Mohyth. Il y est prescrit de gouverner sur l’E. N. E., après avoir quitté Ceylan, puis de s'élever davantage dans le nord , pour redescendre ensuite en plein E. et aborder ;i Barjal, qn’on désigne comme une des îles Najbari ou Nicobart Après avoir laissé derrière soi celle île, qui est sans doute la grande Nicobar, on gouverne sur l’E. S., et l’on arrive en vue des îles Falusanbilen, dans lesquelles J. de Hammer reconnaît avec raison les Poulo-Sambelan, ou les neuf îles de la côte malaie, latitude 4® 5', à l’embouchure de la rivière Perak. Horsburgb ^ recommande, en effet, de s’approcher de Junkseylon, ou des îles qui sont près de la côte de la presqu'île malaie, où l’on trouvera des brises de terre qui permettent de faire route au S. E., le long de cette côte.

Ainsi il est clair, d’après le Mohyth, que les batiments suivaient le trajet direct de Ceylan à la côte de Malacca. Seulement, d’après cet itinéraire, on voit que.

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