Ibid., p
DES ANCIENS RAl’PORTS
Malheureusement le Mohyth ne fournit pas d’itinéraire pour aller à Sumatra; mais il est bien évident que, puisqu’on se rendait à Malacca par la ligne directe, on la prenait aussi pour se rendre à Sumatra, et que des Nicobar on venait reconnaître la pointe d’Achen, ou plutôt qu’on se rendait directement à cette pointe, ainsi que l'indique la relation de Soleïman.
Au reste, on voit par le vingt-huitième voyage (pour aller de Diu à Ghitlagong ou Ghatijâm, c'est-à-dire au Bengale), que l’on ne passait point par le détroit de Palk, mais qu’on laissait l’ile de Geylan à l’ouest ‘ ; ce qui ne pouvait arriver qu’autant qu’ayant doublé la pointe de Galles, on s'élevait 1e long de la côte orientale de Geylan, ce qui exclut complètement l’idée du passage du détroit.
Les témoignages combinés de Masoudi et du Mohyth font connaître l’époque du départ des bâtiments arabes et persans pour l'Inde, et achèvent de déterminer leur route.
Le tableau des différentes époques auxquelles on devait mettre à la voile pour diverses destinations , indique que l’on n’allait jamais de l’Arabie dans l’Inde et dans la presqu’île de Malacca par la mousson Saba ou N. E.; mais qu’on la prenait pour le retour, bien entendu dans la partie de l’année durant laquelle la mer était ouverte, puisque, pendant une partie de la Saba, le marc clausum avait lieu. Les dates fournies par le Mohyth indiquent que celte mousson soufflait
1 . Co sont Ica termea mômea du Mohylh. ( Society of Bengul, t, V, p. 46C.)
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d’octobre ou novembre au commencement de février. C’est précisément la saison qui répond encore aujourd’hui à la mousson du N. E., et cette coïncidence indique que la première partie de la saison des vents d’E. correspondait, d'après le Mohylb, aux mois de septembre, octobre et commencement de novembre, suivant les contrées. Celte détermination convient parfaitement à l’énonciation du fait, que la mer n’était pas alors navigable; c’est effectivement vers ce temps de l’année que s’opère le changement de la mousson S. 0. en mousson N. E., et ce changement est marqué par de fortes bourrasques qui tournent du S. 0. au S. E., et qui rendent la mer difficile ‘.
La saison des vents d’ouest était exclusivement, d’après le Mohyth^, celle où les bâtiments se rendaient d’Arabie sur les côtes de l’Inde, de Sumatra et de Malacca. Celte saison, de môme que la précédente, se divisait en deux parties. La première portait le nom Ras-er-rih (tète du vent); elle s’établissait du commencement de février à la fin de mars, suivant les contrées; la seconde était appelée Tùmah, et s’établissait de la fin de juillet en septembre.
D’après le Mohyth, on pouvait se rendre dans l’Inde par ces deux sous-moussons; mais on voit que la première était préférée. Masoudi nous dit, au contraire, que de son temps l’on ne s’engageait pas dans la mer de l’Inde, en partant de l’Oman, pendant le Tirmah, si ce n’est sur des bâtiments qu’on abandon