Leprédour, t. IV, p
2. D’après notre ilinéruire, on voit que les navires ne passaient pas lu détroit de Palk, que leur fait traverser M. Reinaud. Ce détroit est didlcile et dangereux, et il est peu probable qu’il ait été fréquenté par les Orientaux. Un passage d’Ëdrisi [Gioyr. , trad. franç., t. 1, p. 7C) nous conürme dans celte opinion. Ce géographe dit que pour aller de l’ile de Balanc ou Balabac, qui est située entre Cej'Ian et la côte de l’Inde , sans doute Maiiaar, à la Chine, on laisse l’île de Sércnd}b à sa droite. Celle remarque, qu’il ne fait nulle part ailleurs, nous fait su|>poser que, pour les autres navigations, on laissait ordinairement Séreudjb à gauche, c’est-à-dire que l’on doublait la Pointe de Gallea
DES A^'C1E^•S RAPPORTS
miers jours de mars, époque à laquelle commence à souffler avec moins de violence la mousson du N. O., que l’on rencontre en s’approchant de cette île. De la sorte, les navires ne touchaient en aucune façon la côte de Coromandel. Cette route directe est [encore celle qu’indique Mannevillette Le savant hydrographe prescrit, en effet, aux navires qui quittent Ceylan d’aller reconnaître les îles situées au nord d’Achen, en conservant autant que possible la latitude 5® 50', avant d’aller à la rade de Keydah. De la pointe d’Achen, les navires arabes serendaient à Malacca par la mousson du S. O., la plus favorable pour pareille navigation, cette mousson se déclarant vers le mois d’avril. Ils passaient au S. des Nicobar ou dans les canaux qui sont entre ces îles et la petite Andaman , ou entre Poulo-Rondo et la Grande Nicobar. S’il ventait grand frais du S. O. au N. S. 0., ils s’approchaient des îles Nias, qui sont en dehors de la pointe d’Achen, ce que font encore aujourd’hui les marins. De Malacca ils se rendaient, par le détroit de Malacca, à la côte de Cambodge, qu’ils prolongeaient, ainsi que celle de Cochinchine, jusqu’à la hauteur de Phu-yen, d’où ils se dirigeaient directement vers la Chine, poussés par la mousson du S. 0., et arrivaient vers juin ou juillet En entrant à cette époque de l’année dans la mer de de Chine, les navires évitaient ainsi les ty-fongs, qui