‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 267 sur 278 · DE L ASIE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

DE L ASIE OCCIDENTALE

ne se produisent guère qu’au mois de mai, et les tempêtes, qui ne deviennent fortes et fréquentes qu’à partir de juillet.

On voit par ces faits que la navigation des mers de l’Inde impliquait, au neuvième siècle de noire ère, des connaissances hydrographiques assez avancées. Ptolémée, dans sa Géographie, mentionne un certain nombre de pays qui paraissent devoir être rapportés à la route que je viens d’étudier. Tels sont : les îles Sindes, où se reconnaissent les Nicobar, Saline, lie habitée par les Âginnates, et qui est vraisemblablement la Grande Andaman ; l’île d’Agathodémon, Sumatra, les cinq îles Parusses, dans lesquelles vivait une population anthropophage et où se reconnaît l’archipel côtier longeant la côte ouest de Sumatra , dont Nias fait partie; les trois Sabadibes ‘, sans doute Bintang, Lingga et Bangka ; Jabadius (Java) ; les trois îles des Satyres, c’est-à-dire des Singes, peut-être Bornéo, Palawan et Célèbes ; enfin les dix Manioles, qui sont certainement les Philippines. Nous sommes ainsi conduits jusqu’aux Portes de la Chine, dont la connaissance

1. Saëaj'etëat M'^ast.’Plolémée , VII, 2. On retrouve dans ce nom, le mot dwipa, qui signiQe en sanscrit île. Encore aujourd’hui, les Hindous donnent le nom de dives, c’est-à-dire insulaires, aux habitants de l’archipel de Male-Ragne , archipel que nous appelons les Maldives (Male-Dives). Ceci nous montre que le nom de Sabadibes avait été donné à ces îles par les marins de la eûte de Malabar, qui appelaient Ceylan Sieledive, SiEXE^iêa (voy. Cosmas Indicopleuslès, deMundo, XI, p. 336, éd. MontfaucOn), c’est-à-dire l’île deSièle, ou mieux de Salike (en sanscrit Siuhala , l’ilc des Lions), comme écrit Ptolémée. Voy. Osmond de Beauvoir-Prlaulx , dans le Journal of tlie royal Asiatic Society of Great Britain, t. XVIII , part, il, p. 3ô2 , note.

308 DES ANCIÎNS RAPPORTS DE l’aSIE OCCIDENTALE.

n’était pas arrivée jusqu’au géographe grec, mais qui ne pouvaient manquer d'être visitées par les marchands de la Taprobane, et où ils devaient parfois aborder. Ces mers des Moluques et de la Sonde, de Siam et de Malacca sont aujourd'hui sillonnées par un nombre incroyable de jonques et de prahos ' qui ne font que continuer, en l’étendant, le commerce qui s’y faisait depuis un temps immémorial. Nous savons qu’au quatrième siècle de notre ère, Java avait reçu des colonies hindoues et que des navires montés par des équipages professant le brahmanisme se rendaient jusqu'en Chine *! On ne saurait croire que l’Empire du milieu soit demeuré jusqu’au second siècle de notre ère une terre absolument inconnue des navigateurs des mers Érythrées, et le voyage de Soleïman nous est l’indice que les relations par mer de l’Asie occidentale avec ce vaste empire datent déjà de l’antiquité.

1 . Voy. Sh. Osborne, Qaedah or stray leaves jrom a journal in Maltvjnn walers , p . 4 .

2. Voy. B. A. Irving, The commerce of India, p. 87 (London, 1859). r,r. Journal of the Âtiatic Society of Gréai Britain, t. IX, p. I3C, 138.

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