‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 29 sur 278 · Ibid., sect. iv, lect. I, h. 18, v. 1, t. 11, p · texte numérisé non relu

Ibid., sect. iv, lect. I, h. 18, v. 1, t. 11, p

4. Voy. Rig-Véda, sect. I, lect. 1, h. I, v. 7, trad. Langlois, 1. 1, p. 3. Cf. Rig-Véda sanhRa, éd. Roseii, p. 2.

DES ARYAS. 49

Les Iraniens l’avaient conservé en le modifiant et l’épurant, et il est la base du culte mazdéen. L’Hestia grecque, laYesta latine nous en présentent d’autres formes, mais en dépit des altérations et des métamorphoses que l’adoration d’Agni a subies, un fonds commun de rites et de traditions unissent encore à cet égard les Aryas à leurs frères d’Europe. C’est ce qu’a montré M. A. Kuhn* dans un savant mémoire traduit et développé par un ingénieux indianiste français, M. F. Baudry^. Tout un ensemble de mythes cosmologiques a été rattaché au culte d’Agni et est devenu le point de départ de croyances et de fables dont les éléments se trouvent dispersés dans les mythologies de la Perse, de la Grèce, de l’Italie et de la Germanie.

J’ai dit que l’hymne védique personnifie les apris^ c’est-à-dire les formes de la flamme; il va plus loin, il donne une âme et une vie propre à tout ce qui sert à allumer, à entretenir le feu sacré, à toutes les phases et les parties du sacrifice. L’Arya, dans ses chants, s’adresse aux portes de l’enceinte qui environne l’autel, aux poteaux dont elle est formée, au bois que la flamme consume, cbmme à autant d’étres raisonnables. Par le môme procédé, il transforme en un personnage divin, en un dieu la foudre dont il arme Indra, le roi du ciel. Ce dieu nouveau, c’est Tvachtri, l’ouvrier céleste qui forge les armes d’Indra. La vertu plastique

1. Voy. l’ouvrage Intitulé : Die Ilerabkunft des Feuers md des Gcettertranks, ein Beitrag zur vergleichenden Mythologie der Indo-Germanen, von Adalbert Kuhn, in-8*. Berlin, 1859.

2. Voy. dans la Revue germanique de 1861 les articles intitulés : les Mythes du feu et du breuvage céleste chez les nations indo-européennes; ces articles doivent bientôt paraître en un corps d’ouvrage.

LA KKLIÜIUIS

du feu a suggéré l’id(^e d'en faire un habile forgeron; et nous retrouvons là le prototype et l’ancétre de l’Hépliæstos des Grecs, du Vulcain des Latins. Ce n’est encore qu’une forme d'Agni. Et ainsi que ce dieu, il est invoqué comme un ministre du sacrilice, comme un médiateur entre Indra et l’homme ; de là le nom de nechtri, prêtre, qui lui est parfois donné Sous sa forme la plus élevée, il se confond avec Savitri, le soleil créateur, dont il sera question plus loin, car il semble être le feu émané de cet astre et venant pénétrer la terre pour y allumer la vie et faire naître les êtres

Le polythéisme védique est le fruit de la riche et vive imagination des Aryas. L’abondance de figures de langage, de métaphores, d’images, qui a créé chez les Hellènes tant de divinités et de mythes, qui a revêtu de couleurs si variées la description de phénomènes toujours identiques, a aussi peuplé l’Olympe des Vêdas. La poésie attribue à chaque apparence lumineuse, à chaque phase solaire, une personnification différente, et cette personnification incessamment reproduite, continuée d’àge en âge, a fini par devenir pour le crédule pasteur du Sapta-Sindhou une réalité. Des noms qui n’étaient, dans le principe, que des épithètes données à un même être, sont passés à l’état de substantifs propres et sont arrivés à désigner des divinités particulières.

C’est là ce que la lecture du Rig-Vêda met dans une parfaite évidence. Tous les dieux principaux se résol-

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