‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 31 sur 278 · Ibid. ,aecl. v, lecl. 1, Ii. l4, t. III, p · texte numérisé non relu

Ibid. ,aecl. v, lecl. 1, Ii. l4, t. III, p

3. Voy. ibid., secl. i, lecl. C, h. 9, v. 10, I. 1, p. 169; — cl Ad. Rcgnier, Étude sur l'idiome des Védas, pari. I, p. 29. — Aditi, reprégciituiii à la lois la terre cl le ciel , sert parfois à désigner l’air ou l’aluiosplicre , aiuarikeha. Voy. 0. BOthlingk , Sunskril Waerlerbuch, t. 1, p. 246.

LA HELIGION

donné naissance aux créatuVes remonte aux âges les plus reculés; elle se trouve à la base de la théologie védique, comme à celle de la théologie grecque. Il semble même que le culte de ce couple primordial, souvent mentionné dans le Rig-Vôda, date d’une époque antérieure au culte d’Indra : « Avec un saint re- « cueillement, s’écrie Vasichtha, avec tons les rites du A sacrifice, je chante le Ciel et la Terre (divinités) « grandes et adorables. Les anciens poètes ont chanté ({ et placé avant tous les autres ces nobles ancêtres qui « ont des dieux pour enfants. »

Il y a ici entre les idées mythologiqnes des Hellènes et celles des Âryas une correspondance parfaite. Ouranos ou Gronos, qui lui a été ensuite substitué, en s’unissant à Rhéa, enfanta tous les dieux, y compris* Zeus lui-même, l’équivalent d’Indra. M. F. Baudry a judicieusement rapproché des paroles des chantres védiques un passage d’un hymne orphique qui célèbre Rhéa, confondue avec Cybèle sous le nom d’Attis, donné plus souvent à son amant ou époux Voici ce passage : « Tu es le père, la mère, la nour- « riture et la nourrice de toute chose; je t’appelle la « mère des immortels, Attis et la Lune. »

Le Ciel et la Terre étaient donc pour l’Arya l’image de ses premiers aïeux; il se croyait leur créature; c’est à eux qu’il demandait la force et la vie.

« O divinités heureuses et secourables , dit le Rig,

1, Voy. Étude sur les Yédas, p. 20. (Extrait de la Revue de Paris, décembre 1855.)

2. Voy. sur Attia ce que je dis dans mon Histoire des religiotis de la Grèce antique, t. III, p. 92 et suiv.

DES ARYAS

« nous sommes à vous , Ciel et Terre ! qui avez les « dieux pour enfants*. » Et ailleurs : « O Ciel, ô Terre, « ô père, ô mère , qui savez tout, qui vous distinguez « par vos œuvres, donnez-nous la force

L’idée de paternité attachée au ciel, de maternité attachée à la terre ®, rappelle aussi d’une manière frappante les épithètes données à Zeus et à Démeter, Zsùç xaT})p et Tri [Afi-oip , le grand couple divin des anciens Pélasges.

Parfois encore la terre, en sa qualité de nourricière , est comparée à une vache * ; ce qui nous ramène à la forme sous laquelle était représentée Hatfior, la déesse égyptienne de la production et de la maternité.

Les Adityas, dont j’ai donné les noms plus haut, constituent , avec Indra etÂgni, les premiers dieux védiques ; ce sont les DU majores des Aryas. A certains égards, ils sont même au-dessus d’Agni, en leur qualité de divinités célestes. Si Agni reçoit plus souvent le culte et les prières de l’Arya, c’est qu’il est sa divinité spéciale, tutélaire, domestique ; mais, à titre d’habitants des cieux, les Adityas participent du caractère d’Indra. Celui-ci a pour manifestation principale le soleil, et les Adityas ne sont que des personnifications des diverses apparences de cet astre. Car, ainsi que l’a remarqué un savant orientaliste belge, M. Nève le

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