‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 38 sur 278 · Ibid., t. Il, p. 93-94, gect. lit, lect. 4, li · texte numérisé non relu

Ibid., t. Il, p. 93-94, gect. lit, lect. 4, li

LA RELIGION

Mithra perse*, dieu héros et vainqueur comme lui, qui a conservé la plupart de ses traits. Seulement le fondateur du mazdéisme a rattaché à son Mithra une partie des caractères de l’Agni védique, notamment celui de médiateur. Les sept Amschaspands qui accompagnent le dieu perse, semblent n’êlre que la personnification des sept rayons ou sept louanges d’Agni^. Car ces sept flammes, Rasni, dont le nom signifie à la fois rênes et rayons, deviennent pour les chantres aryas les sept officiers du sacrifice, et par conséquent les compagnons d’Agni ; Mitra n’est en réalité que l’émanation céleste de ce dieu. Les Amschaspands offrent aussi dans leur conception quelques traces du mythe des Adityas , car ils sont, comme eux, les dieux de la lumière solaire *.

Mitra, c’est le dieu suprême, personnifié dans l’astre du jour, image qui ne fut pas étrangère aux Hébreux, ainsi que nous le montrent ces paroles du Psalmiste sur Jéhovah * : « Il est plein d’ardeur pour courir « comme un géant dans la carrière. Il part de l’extré- « mité du ciel ; il arrive jusqu’à l’autre extrémité, et il « n’y a personne qui se cache de sa chaleur. »

Le caractère solaire du Mithra perse nous est indiqué par les dix mille yeux qui lui sont donnés dans

1. Voyez ce qui est dit dans la dissertation sur Mithra qui suit celle-ci.

?. Voy. à ce sujet la dissertation de M. R. Roth, intitulée ; Die hcechaten Gœtter der arischen Yœlker, dans la Zeitschrift der deutschen morgenlœndischen Gesellschaft, t. VI, fascic. 1. (Leipzig, 1852.) Cr. Langlois, t. I, p. 561.

3. Zend-Avesta, trad. Anquetil du Perron, t. II, p. 42, 45. Cf. note de M. Langlois, t. II, p. 247.

Page 1