Ibid., t. 1 , p. 307, secl. Il, lecl. I, h. 3, v
4. Ibid., t. I, p. 221, secl i, leel. 8, li. 1, v, 0 et suiv. Voy. les liymiics ù l'Aurgre , sect. v, secl. vi, h. 1 , t. lit, p. IC, 17, 18, 19, 20 , 21 .
DliS ARYAS.
ment cité M. F. Baudry; il respire, ainsi que l’observe ce savant, un senlimenl de mélancolie d’un caractère tout indien et dont on trouverait difficilement l’analojçue dans l’antiquité classique.
« Conductrice éclatante des saintes paroles, l’Aurore « étale toutes ses parures, pour nous ouvrir les portes « du jour; en éclairant l’univers, elle nous en révèle « toutes les richesses. L’Aurore a réveillé tous les êtres.
« De sa main puissante elle invite le monde endormi « à se mouvoir; elle invite l’homme à jouir, à faire les « pieux sacrifices, à grandir sa fortune. A ceux qui ne « voyaient plus dans les ténèbres, elle apporte son sott cours pour qu’ils puissent voir au loin. L’Aurore a « réveillé tous les êtres.
« Grâce à toi nous aurons la richesse, grâce à toi l’a- « bondance, grâce à loi l’honneur et le pouvoir, grâce « à toi le sacrifice où tu conduis toutes les créatures que M visite la lumière. L’Aurore a réveillé tous les êtres.
« Cette fille du ciel nous apparaît resplendissante, «protectrice, couverte de son étincelant manteau, « reine de tous les trésors que la terre renferme. « Heureuse Aurore , brille aujourd’hui pour nous ! « Sur la route des Aurores passées qu’elle suit, elle « est l’aînée des Aurores qui s’avancent, des Aurores « éternelles. Elle ramène à sa clarté tout ce qui vit; « elle vivifie tout ce qui est mort.
« ... Depuis quand l’Aurore vient-elle nous visiter? « L’Aurore qui va nous éclairer aujourd’hui ne fait « qu’imiter les Aurores qui nous ont lui déjà, et de- « vancer celles qui luiront encore. Elle nous arrive « aussi brillante que les autres,
LA RELIGION
« Ils sont morts les humains qui jadis ont vu l’Au- « rorc étinceler comme celle-ci; c’est à nous de la voir « à celte heure, et ils devront mourir aussi ceux qui « verront un jour l’Aurore aux heures du matin.
« Depuis longtemps déjà l’Aurore a resplendi dans « tout son éclat; aujourd’hui elle éclaire de nouveau le «monde de ses richesses; elle ne brillera pas moins « dans les jours qui suivront; à l’abri de la vieillesse, à « l’ahri de la mort, elle s’avance avec toutes ses splen- » deurs.
« Elle inonde de lumière les plages célestes ; déesse « lumineuse, elle repousse la noire obscurité. Elle vient « réveiller la nature sur le char magnifique que traînent « des coursiers rougeâtres.
« Apportant les biens qui nourrissent l’homme, elle « l’appelle par la clarté qu’elle déploie. Elle se montre « aujourd’hui pareille aux Aurores qui toujours la sui- « vront.
« Levez-vous; l’esprit de vie est revenu nous animer; « l’ombre s’éloigne, le jour s’avance ; il prépare au soft leil le chemin qu’il doit parcourir; nous marchons « vers les biens qui soutiennent la vie.
« Le sacrificateur prononce les paroles que le rby thme « enchaîne, il chante et bénit les Aurores aux clartés « resplendissantes. Aurore, repousse loin de moi, pen- « dant que je t’invoque, la sombre obscurité; éclaire « de tes rayons les aliments qui nourrissent notre « famille.
« Les Aurores, qui donnent les vaches fécondes et « les fils valeureux, brillent pour le mortel qui les ho- « nore. Puisse celui qui répand cette libation voir les
DES ARYA3. 69
« Aurores multiplier ses chevaux pendant qu’il récite « les prières saintes, rapides comme le vent !
« Mère des dieux, œil de la terre, messagère du sa- « crilice, belle Aurore, brille de tous tes feux; répands « ta lumière sur notre offrande bénie par toi ; rends- « nous illustres parmi les nôtres, ô toi qui fais la joie « du monde entier !
« Les biens divers que prodiguent les Aurores sont « l’heureux partage de qui les honore par des sacrifices « et des chants. Que ces biens aussi nous soient accordés a par Mitra, Varouna, Aditi, la Mer, la Terre et le « Ciel «
Au culte de l’Aurore se rattache celui des Açvins, les jumeaux célestes, les dieux cavaliers, divinités en lesquelles se personnifient les feux qui précèdent le jour et les dernières clartés du crépuscule. La rapidité avec laquelle s’éteignent ces flammes d’or et de pourpre qui marquent au couchant la disparition du soleil, a fait comparer les Açvins à des cavaliers. Ils fuient le soir, ils accourent le matin. Dès que l’aube commence à poindre , l’Arya leur adresse son humble prière ; il les appelle à grands cris, impatient qu’il est de les voir illuminer le firmament. « O Açvins, pre- « nez les ténèbres qui nous entourent et donnez-nous « cette nourriture lumineuse qui rassasie nos yeux*. » Ailleurs, il se les représente comme montés sur un char ailé, rapide, porté sur cent roues, attelé de six coursiers ; tantôt aussi comme voyageant sur un vais-
1 . Traduction de M. Barthélemy Saint-Hilaire, Journal dessavanis, 1853, p. 468. -