Rig-Véda, secl. i, iecl, 3, h. 14, v. 6, 1. 1, p
LA HELIGION
seau aux cenl {>ouvernail8, fendant la merdes vapeurs, sur une nef animée, ailée comme I ’ Argo des Grecs, u Pour « venir jusiju’;^ nous jouir do nos hymnes, ô Aevins! « montez sur votre vaisseau, ou bien attelez votre char. « Que votre vaisseau, large comme le ciel, que votre «char s’arrête prés de nos ondes sacrées'. » Dans renlhoiisiasme que lui inspirent ces dieux tutélaires, l’Arya nîdit, en recourant aux images les plus poétiques, toutes les circonstances ou il croit avoir senti les effets de leur protection. Il les appelle Dasras, c’est-àdire secourables; Nâsatrjas, c’est-à-dire véridiques; car l’aurore ne trompe jamais; elle annonce toujours lo retour de la lumière, et le soleil n’a point encore manqué d’apparaître à la suite des feux avant-coureurs de son lever.
La parenté est évidente : les Dioscures ne sont que des Açvins transportés sous lo ciel do la Grèce. Les dieux cavaliers, que les anciens représentaient vêtus de blanc, portant au-dessus do la tête une étoile, symbole de leur éclat. Castor et Pollux personnifient, comme les Açvins, le crépuscule du matin et celui du soir*. Les premiers des Aryas qui se confièrent aux Ilots de l'Océan, longtemps inconnu d’eux, les invoquèrent comme les Grecs continuaient à le faire, quand ils sillonnaient sur leurs barques les vagues agitées de l’Archipel. Car la mer, orageuse pendant la nuit, se calme d’ordinaire au lever de l’aurore. « O dieux ! dit le « chantre védique, vous avez rendu l’onde aussi douce
t. Big-Vida, 8ect. i, lec(. 3, h. M, v. 7, 8, 1. ), p. 88.
2. \’oy. mon Histoire des religions de la Grèce antique, 1. 1, p. 308,
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« que le ciel, puissions-nous traverser cette mer de « lén('‘l)res ' ! »
Les Açvins présentent au naufragé leur char, sur lequel il aborde et d’où il peut hardiment braver la tempête '*•, il se jette entre leurs bras pour échapper aux eaux qui vont le submerger*.
On retrouvera encore les Dioscures dans cette personnification plus anthropomorphique du Vôda où les dieux des crépuscules deviennent des personnages divins habites à guérir les maux et à connaître la vertu des plantes *.
L’air a, chez les Aryas, ses personnifications comme le feu. Les vents, qui représentent plus particulièrement le premier de ces éléments, parce qu’ils en révélent davantage la présence , s’offrent tantôt dans le Rig comme un dieu unique, Vàyou, tantôt comme une réunion de dieux, les Marouts, serviteurs et compagnons d’Indra, nés de la Terre, Prhni^. Indra demeure en effet constamment le dieu de l’atmosphère par excellence; les Marouts ne sont que ses ministres, et Vâyou même partage avec lui la libation de soma ®. Mais lèvent ne garde pas toujours le même caractère. S’il est parfois doux et rafraîchissant, il a aussi souvent l’impétuosité d’une bête furieuse qui renverse tout sur son
1. Rig-Véda, secl. i, lecl. 8, h. 18, ¥. 9, t. I, p. 2IG; secJ. ii, lect. 5, h. I, T. 6, t. I, p. 426.