‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 61 sur 278 · Ibid., sect. vu, lecl. 2, li. 2, v. 24, l. IV, p · texte numérisé non relu

Ibid., sect. vu, lecl. 2, li. 2, v. 24, l. IV, p

G. sect. vu, lecl. 1, h. 17, v. 1 clsuiv., 1. IV, p. IG.

7. Cf. Rig-Véda, sccl. vu, lecl. 1, li. 18, t. IV, p, IG ; seci, vu, lecl. 2, 11. 5, V. 10 et passitn, 1. IV, p. 23.

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fait lever le soleil, qui a produit le ciel, l’air et les astres ' .

La substitution de la libation personnifiée au dieu suprême dans le culte arya , est un phénomène singulier qui n’est pas sans analogue chez d’autres religions, et qui a laissé des traces dans le mazdéisme, sorti de la religion védique. Indra, adoré par les premiers Aryas, fut remplacé d’abord et de bonne heure par une divinité plus humaine, plus matérielle, médiateur entre l’homme et le dieu suprême, Agni enlève ü Indra, son père, les prières et les hommages qui lui étaient exclusivement dus. L’Arya , croyant voir dans le feu une divinité, et la flamme se prêtant plus que l’éther à une personnification humaine, cette flamme étant supposée descendue du ciel sur la terre, pour habiter à son foyer, Agni lui parut plus accessible à nos demandes que les autres dieux, plus fait pour nous servir de protecteur et d’appui; il s’offrit à l’imagination comme un dieu incarné émanant du dieu suprême ; placé moins haut qu’Indra, il répondait davantage au besoin d’anthropomorphisme que ressentait le peuple arya. Mais Agni, à son tour, s’incarna dans la libation même, dans l’offrande qui lui était offerte, qu’il consacrait, et cette libation devint son image. L’Arya, en buvant le soma, s’imagine faire passer dans son âme les vertus qu’Agni possède, et bientôt cette libation, cette offrande, honorée à l’égal d’Agni, fut confondue

1 . Voy. StRven?on , The aute-brahmanical religion of tlie Ilindits, cil(^ plus haut, p. 334, et Translation of the sanhita of the Shmn-Veda, par le ini^me , p. 1 1 , et surtout Die Hijmnen des Sàma-Veda, publiés et Iruduils par M. Th. Benfey.

UES AllYAS. 93

avec lui, eu offrit l’image sensible et la manifeslalion permanente.

Sonia, quoiqu’il ne soit en réalité que le jus d’une plante, est donc conçu comme un être humain; mais malgré cette personnification, due à la foi vive de l’Arya , il garde des caractères où perce son origine première. Il donne la vie, la santé, la protection; il conduit à l’immortalité; ce qui veut dire que la liqueur extraite du sarcostemma vimmalis est une boisson salutaire, fortifiante, qui enivre et procure à l’homme une félicité que rien dans la réalité n’égale. C’est un vrai nectar, le prototype de l’ambroisie des Grecs; aussi le poète représente-t-il parfois le soma comme la boisson des dieux '.

Ce qui était arrivé pour Agni se reproduit pour Soma, dieu médiateur comme lui * ; les diverses phases de la libation deviennent la source de personnifications distinctes correspondant à des personnifications différentes de la flamme dans laquelle la liqueur est consumée. Par exemple, lorsqu’elle n’est encore qu’à l’état de goutte, qu’on la verse dans le vase pour être préparée, elle est indou, c’est-à-dire la goutte personnifiée

Toute la légende mythologique de Soma est l’histoire allégorique de la plante, histoire prise par le dévot, ainsi que tant de légendes allégoriques , pour un fait

1. Voy. Fr. Windischmann, Ueber den Somacultus der Arier, dans les Mémoires de l’Académie de Bavière, t. IV, p. C.

2. Voy. Riy-Véda, sect. vu, lect. 2, h. 3 et h. C, Irad. Langlois, t. IV, p. 37 et 43.

3. Voy. ce que dit M. Benfcy à l’article Indu, p, 25, col. I de son glossaire du SAma-Vëda.

LA HELIGION

réel, historique, tout au moins pour un symbole. La libation accomplie journellement par l’Arya et répétée jusqu’à trois fois dans la journée, est regardée comme l’emblème, comme la reproduction du sacrifice du dieu. Soma, devenu un être bumain, qui a donné sa vie pour le salut du monde, parce que la plante divine se laisse broyer dans un mortier, ou comme disent les Aryas, briser les membres, voit son sacrifice renouvelé tous les jours par le sacrificateur ‘.

Le sacrifice s’olTre ainsi comme l’image de \& passion de Soma, et a les mômes vertus que ce martyre môme.

Si l’on ne possédait pas la totalité duVôda, s’il n’était pas possible de suivre dans les hymnes qui le composent le développement de ce curieux symbolisme, on aurait peine à reconnaître la simple libation d’une liqueur fermentée dans le jeune dieu, dont les eaux lavent d’abord les souillures terrestres, qui se précipite au fond du samoudra, l’océan du sacrifice, y revôt une robe blanche et pure, en sort fort et brillant, traverse l’air avec bruit, devient l’époux de la flamme sacrée et expire au sein d’Aditi. « Mais le foyer sacré n’est pas « pour lui un tombeau, remarque M. Langlois dans son « curieux Mémoire sur le Soma, c’est un berceau où-il « renaît pour s’élancer, environné de vapeurs lumi- « lieuses et porté sur l’aile de Màtarisvan (le vent), soit « dans l’atmosphère, soit dans le ciel. Ce n’est plus « alors le Soma terrestre, c’est le Soma céleste, c’est tt Agni-ïvachtri, c’est Agni-Soûrya. Avant de se trans- « figurer, il a, au milieu des chants et des prières, ré-

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