‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 7 sur 278 · I. Revue ijermanique, I. c., p. 7 U · texte numérisé non relu

I. Revue ijermanique, I. c., p. 7 U

DES ARYAS

observe que tout dans le Vôda indique une époque bien antérieure à l’épopée sanscrite appelée Mah<1bhérata. Au temps où ce poëme fut composé, le culte védique avait déjà en grande parti disparu pour faire place à une théologie nouvelle, dans laquelle d’autres dieux occupaient les hauteurs du panthéon. Vichnou et Brahma avaient été substitués à Agui, à Indra, à Varouna Les lois de Manou d’une date également de beaucoup postérieure, nous reportent aussi à une tout autre société. Le Vêda représente un monde qui n’a plus rien de commun avec celui de l’époque épique. C’est ainsi qu’on n’y trouve nulle trace des castes ni de la métempsycose. On ne saurait se refuser à croire que les plus anciennes compositions littéraires de la race aryenne soient antérieures à l’Avesta et aux poésies homériques. Dans l’opinion de l’éminent indianiste, la rédaction des hymnes du Ilig-Véda doit être placée entre les années ilOü ou 1200. Mais cette date, fort incertaine d’ailleurs, peut tout au plus convenir à la réunion des hymnes védiques en une collection ou sanhitd, qui n’a plus varié depuis, grâce aux soins minutieux pris pour le mettre à l’ahri de toute altération*, et les premières invocations que nous offre ce livre se perdent dans la nuit des temps.

Lorsque, dans le cours de ce trîivail, je rapproche-

1. A history oj ancient sanskrit literature, 2" édit., p. 62.

2. La coinposilioii du l’ràliçàkliya , bien qu’elle soit imparraite, nous explique comment le texte du Vêda a pu être si scrupuleusement conservé jusqu’à nos jours, l.c respect n’y aurait pas sulli ; mais (|uand on voit les labeurs dont ce texte a été l'objet jus(|ue dans ses moindres détails de mots, d’accents et de rhythme, on comprend mieux comment la tradition est devenue inaltérable et comment l’édiQce divin a

IG l.A KEU(ilON

rai les clianis védiques de ceux de David el des autres enfants d'Israël, il n’y aura donc pas d’anachronisme; nous serons en face de deux antiquités presque égales, comme de deux peuples inspirés par des sentiments analogues.

M. Vivien de Saint-Martin, dans son Étude sur la géographie et les populations primitives du nordouest de l'Inde, d'après les hymnes védiques ', a déterminé, mieux qu’on ne l’avait fait avant lui, la patrie primitive des Aryas et la route qu’ils ont suivie avant de pénétrer dans l’Hindoustan. Les Aryas descendirent la longue vallée qui suit le Cophès, ou rivière de Caboul, pour aller se réunir à la droite du Sindh, pénétrèrent dans les larges plaines coupées de rivières qui forment la contrée aujourd’hui nommée le Pendjab ; ils avaient émigré, à une époque antérieure, des hautes vallées de l’Iaxartes et de l’Oxus, ou du moins de la contrée comprise entre l’Imaüs et la mer Caspienne, puis se détachant de leurs frères, les Iraniens, ils avaient pénétré dans le pays des sept fleuves, le Sapta-Sindhou, d’où ils s’avancèrent peu à peu au sud-est. Les Aryas formaient une population occupée de l’élève des bestiaux, semant çà et là dans le sol quelques céréales, dont la maigre récolte fournissait, avec le lait, le beurre et la chair des troupeaux, leur alimentation. Divisés par tribus ayant chacune son chef, ils ne connaissaient pas les demeures splendides, les villes populeuses; ils ne s’élevaient que de temporaires habitations; vivant le

pu passer (l'âge en âge sans subir ni changement ni niulilation. (Bar- Ihéirmy Suint-Hilaire, dans \e Journal des savants, avril I8â9, p. 213.)

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