Ibid., secl. v, lect. 3, li. 15, v. 16, f, lit, p
LA RELIGION
reptiles prêts à engloutir l'astre du jour. Mais la nue se fondait, se résolvait en pluie, quand la foudre avait grondé, et alors il s’imaginait qu’Indra, accompagné des Marouts, avait terrassé ce monstre do son redoulatable tvachtri. Les ténèbres personnifiées devenaient un être, un dieu mauvais, tué par le Tout-Puissant. « Repoussez au sein des ténèbres l’obscurité qui n’en M doit point sortir, dit le poète védique, chassez tous « vos ennemis et faites-nous la lumière que nous désirons*. » Et ailleurs on lit cette phrase dans le Rig- Vèda : « Avec ces sages Marouts qui t’accompagnent et tt qui te secondèrent quand Abi fut tué '^ »
On pourrait citer une foule d’hymnes où sont peintes, avec les images les plus vives, les circonstances de ce combat mythique. Je me bornerai à deux. Le premier montre clairement la lutte de la lumière et des ténèbres; le second met en évidence toutes les phases de la lutte du Dieu et du serpent, Abi ou Vritra. Voici le premier hymne; il est adressé aux Apris du soleil :
« L’être qui marche est comme arrêté au sein de « noires vapeurs, les ténèbres ont enveloppé les deux « flambeaux lumineux.
«Mais voici venir l’Aurore; elle détruit ces ténô- « bres, elle arrive de l’extrémité du ciel, elle les abat « et les réduit en poussière...
« Mais ces ténèbres ont été trahies par le matin, « telles que des voleurs. O ténèbres, vous avez vu la « lumière et vous ôtes sorties de votre sommeil...