Big-Vida, Irad. Langlois, t. 1 , p. 249, noie
LA RELIGION
clins à ne voir dans tous les dieux de l’antiquité que des rois ou des héros transformés par l’admiration en êtres divins. Une étude plus approfondie des mythologies a réduit de plus en plus la part à faire à l’évhémérisme. Bien des divinités qui, de prime abord, avaient paru tirer leur origine de personnages tout humains, se sont trouvées n’ôtre que des produits de l’anthropomorphisme. Plus on scrute et l’on compare les fables et les légendes des temps antiques, moins on découvre de ces dieux qui aient pu être primitivement des hommes. Cette réflexion est naturellement amenée par ce que le Rig-Vêda rapporte des RibhousouRibhavas. Un habile indianiste belge, M. Nève, a composé tout un livre ‘ pour établir que ces Ribhavas avaient été des personnages réels, et démontrer que leur histoire est un exemple de cette tendance universelle dans le paganisme qui fait replacer l’homme au nombre des pouvoirs de la nature divinisée , après que les forces du monde physique ont reçu les attributs de l’humanité et les dons de l’intelligence. Il est certain que dans le système fort postérieur d’exégèse mythologique que développe le Niroukta®, les Ribhavas ont pris le caractère d’hommes véritables,®; mais qu’ils l’aient eu à une épo-
1 . Essai sur le mythe des Ribhavas, premier vestige de l’apothéose dans le Véda (Paris, 1847).
2. Niroukta , c’est-à-dire étymulogie, est le litre d’un ouvrage sur les étymologies du VÔda, attribué à Yâsca. Ce livre paraît avoir été composé à l’aide de traités antérieurs. On distingue par le nom de Nighantou, le texte du Niroukta d’avec le commentaire, attribué aussi à Yâsca, et auquel le nom de Niroukta est plus particulièrement appliqué. Voy. Max Muller, A History oj ancient sanskrit literature, 2” édit., p. 152 et suiv.