‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 79 sur 278 · Rig-Véda, gect. v, lect. 1, h. 10, v. 2, t. 111, p · texte numérisé non relu

Rig-Véda, gect. v, lect. 1, h. 10, v. 2, t. 111, p

DES ARYAS

circule et qu’entretient la chaleur vivifiante du soleil, personnifié par Savitri. Le môme astre symbolisé par un oiseau, Garouda ou Tarkchha, qui rappelle beaucoup le phénix des Égyptiens, est en certaines circonstances invoqué comme le créateur des cinq espèces d’ôtres et spécialement comme celui des ondes *.

Si les chantres aryas ne se sont point expliqués sur les circonstances de la création, c’est qu’elle restait pour eux un problème impénétrable. On ne voit pas hasarder dans les premières sections du Rig d’hypothèse quelconque sur ce fait mystérieux. Le poëte se borne à proclamer son ignorance et son incertitude. « Ce dieu qui « n’a point de guide, qui n’a point de lieu, dit un « hymne védique adressé au soleiP, comment fait-il « pour monter, pour descendre sans tomber? Qui peut « savoir quelle force le maintient? » — « De ces deux « divinités, s’écrie Agastya, en parlant du Ciel et de la « Terre®, quelle est la plus ancienne, quelle est la moins « âgée, comment sont-elles nées, ô poëte, qui le sait? » Dans les derniers hymnes du Rig, séparés peut-être par plusieurs siècles des premiers, le chantre est plus hardi; il aborde les conceptions métaphysiques. C’est alors qu’est née l’idée de Pouroucha, l’être immatériel, l’âme du monde, qui le crée et l’engendre. Cette création, l’Arya se la représente, ainsi que le faisaient les anciens Égyptiens, comme une génération sexuelle. Pouroucha, le divin mâle, s’unit à Pràdhâna, la matière, et de ce commerce sortent tous les êtres. La

1. lliij-Véda, sccl. viii, loi’l. 8, li. 3ü, v. 3, I. 111, 472.

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