Ibid., sccl. Il, lecl. 3, h. 2, v. I, I. 1, p. 42G
LA UELIGION
naissance de l’homme a fourni à tous les peuples de l’antiquité l’image de celle du monde entier. Toutes les théogonies nous donnent les dieux, les agents physiques qu’ils personnifient, les phénomènes que ces agents produisent, comme le fruit d’un hymen. Cette âme du monde, Pouroucha, est sortie par voie d’émanation ou de dédoublement, de l’âme supérieure (Paramâtmâ). On a donc là une triade, une trimourtti, qui fait le pendant de la triade physique formée d’Agni (le feu), de Vâyou (l’air) et de Soûrya (le soleil) *.
Pouroucha a mille têtes, mille yeux, mille pieds; il a pétri la terre de ses six doigts et en a fait une boule au-dessus de laquelle il domine L’Ârya compare l’œuvre de la création au sacrifice qui en est le symbole journalier; car à ses yeux, c’est la prière et l’oblation, fruits de l’amour, qui entretiennent et créent le monde. Il y a là une idée presque chrétienne. « La toile du sa- « crifice s’étend formée de cent et un fils fournis par « les Dôvas ; les pères (des saintes cérémonies) viennent « s’associer pour tisser cette toile, la monter et la dé- « monter. — Pouroucha développe, découpe, étend « la toile dans le ciel ; près de lui sont placés les Ri- « chis lumineux®. » C’est dans un hymne de Viçvacarman, adressé à Agni, que le récit de la création est présenté, sinon avec le plus de détails, du moins sous sa forme la plus élevée et dans un concept digne du Psalmiste hébreu. Laissons parler le chantre védique.
« Le père de ce (grand corps qui) étonne nos yeux,