‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 81 sur 278 · Voy. Langlois, Mémoire sur ta triade indienne · texte numérisé non relu

Voy. Langlois, Mémoire sur ta triade indienne

2. Rig-Véda. scct. VIII, lee.l. 4, h. 5, v. 1, t. IV, p. 340.

3. Ibid. , soct. VIII, lcd. 7, li. 1 1 , v. I cl 2, t. IV, p. ^22.

DES ARYAS

« a, dans sa sagesse, enfanté les ondes (aériennes) et a ensuite le ciel et la terre qui les environnent, et qui « les a étendus en les affermissant de tous côtés sur « leurs bases antiques.

« Celui qui est notre père, qui a engendré et qui « contient tous les êtres, connaît chaque monde. (Dieu) c( unique, il fait les autres dieux. Tout ce qui existe le « reconnaît pour maître.

a Les ondes ont porté dans leur sein celui qui est « supérieur au ciel et à la terre, aux dieux et aux « Âsouras, celui qui donne la lumière à tous les êtres « divins.

« Oui, les ondes ont porté dans leur sein celui qui « donne la lumière à tous les êtres divins. Sur l’ombi- « lie du (Dieu) incréé, reposait un (œuf), dans lequel « se trouvaient tous les mondes. »

« Vous connaissez celui qui a fait toutes ces choses; « c’est le même qui est au dedans de vous. Mais à nos « yeux, tout est couvert comme d’un voile de neige*. »

Dans ce chant magnifique, où la poésie prêle à la métaphysique ses plus riches couleurs, on voit poindre les figures qui, développées plus tard, deviendront dans la religion brahmanique l’origine d’un mythe cosmogonique, d’un récit de la création. L’œuf que sous-entend le texte de l’hymne, c’est l’œuf cosmique, l’utérus d’or, l’Hiranyagarbha , au sein duquel est né Brahma, Brahma qui doit ensuite donner naissance par son union avec Màyâ, aux dieux et à tous les êtres. Il y a là une conception qui rappelle d’une manière frap-

1. Rig-Yéda, aect. vin, lect. 3, h. 1 1, v. 1 et suiv., l. IV, p. 316,

LA KELIUION

panle l’œuf delà cosmogonie orphique, l’webv àpi-upsov, dans lequel s’était accomplie la gestation de Phanès, l’ôtre primitif*.

Un hymne que l’on peut placer, tant pour la beauté de la forme que pour l’élévation des idées et la sublimité des images, à côté de celui de Viçvacarman, porte précisément le nom d’Hiranyagarbha* et est adressé au môme Agni, qualilié de PradjâpatP. Voici quel portrait il y est fait du Créateur* :

« Il donne la vie et la force. Tous les êtres, les dieux « (eux-mêmes) sont soumis à sa loi. L’immortalité et la « mort ne sont que son ombre. A quel (autre) Dieu « offririons-nous l’holocauste?

« Il est par sa grandeur le seul roi de tout ce monde « qui voit et qui respire. Il est le maître de tous les « (animaux), bipèdes et quadrupèdes. A quel (autre) « dieu offririons-nous l’holocauste?

« Sa grandeur, ce sont ces (montagnes) couvertes de « frimas, cet Océan avec ses Ilots, ces régions (célestes), a ces deux bras (qu’il étend). A quel (autre) dieu offri- « rions-nous l’holocauste?

tt Par lui ont été solidement établis le ciel, la terre, « l’espace, le firmament. C’est lui qui, dans Pair, a « répandu les ondes. A quel (autre) dieu offririons-nous « l’holocauste?

« Quand les grandes ondes sont venues, portant « dans leur sein le germe universel et enfantant Agni,

1. Vovez mon Histoire des religions de la Grèce antique, t. lit, p. 309. ‘

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