llig-Véda , scct. vin, lecl. 7, li. 2, 1. IV, p
DES ARYAS. 123
« alors s’est développée l’âme unique des dieux. A « quel (autre) dieu offririons-nous l’holocauste? »
« Une conception métaphysique encore plus avancée nous est fournie par l’hymne à l’âme suprême [Paramâtma), dont on fait honneur au sage Pradjâpati :
« Rien n’existait alors, ni visible, ni invisible*. «Point de région supérieure, point d’air, point do « ciel. Où était cette enveloppe (du monde)? Dans quel « lit se trouvait contenue l’onde? Où étaient ces pro- « fondeurs impénétrables (de l’airj?
«Il n’y avait point de mort, point d’immortaliti^. « Rien n’annonçait le jour ni la nuit. Lui seul respi- «.rait, ne formant aucun souffle, renfermé en lui- « même. Il n’existait qu’en lui.
« Au commencement les ténèbres étaient envelop- « pées de ténèbres, l’eau se trouvait sans impulsion. « Tout était confondu. L’être reposait au sein de ce « chaos, et ce grand tout craquait par la force de sa « piété.
« Au commencement l’amour fut en lui et de son « esprit jaillit la première semence.
« Qui connaît ces choses? Qui peut les dire? D’où « viennent les êtres? Quelle est celte création? Les « dieux ont été aussi produits par lui. Mais lui, qui « sait comment il existe?
« Celui qui est le premier auteur de cette création « la soutient. JEt quel autre que lui pourrait le faire?
1 . Les idées méla()liysiques se font jour dans la partie la plus moderne du Rig-Vôda. M. Max Muller {o. c., p. 559) a remarqué qu’on voit exprimée par le poète l’idée hégélienne non-seulement qu’à l'origine Vitre n’existait pas , mais qu’il n’y avait pas même encore de non-être.
LA HELIGION
« Celui qui du haut du ciel a les yeux sur tout ce «monde, le connaît seul. Quel autre aurait cette « science ‘ ? »
L’Arya n’avait de la constitution et de la forme du monde, que les conceptions les plus naïves et les plus grossières. Ses idées cosmologiques se rapprochent beaucoup de celles des premiers Hébreux et de celles des Grecs de l’âge homérique. Il se représente la terre appuyée sur des montagnes’*. Celte terre n’était d’abord qu’une masse chaotique que le Créateur a fixée sur sa base. « O Indra, dit Viçvâmitra, la terre « était une masse confuse et mobile ; c’est toi, Indra, « qui as étendu son immensité et qui l’as fixée sur m « base. Dieu généreux , tu as consolidé le ciel et la « terre. Le ciel est porté sur mille impérissables co- « lonnes®. »
C’est à Mitra et à Varouna, sans cesse qualifiés dans les hymnes védiques de gardiens des trois cieux, des trois airs, des trois terres\ qu’appartient la conservation spéciale de l’univers. Varouna, en sa qualité de dieu-soleil, est le régulateur de la vie. L’expression des trois cieux, des trois airs, des trois terres, fait allusion à la division cosmologique admise par les poètes aryas. Le monde se subdivise en effet en trois parties.