‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 84 sur 278 · Voy. Rig-Véda, tract. Langlois, t. II, p. 514, noie · texte numérisé non relu

Voy. Rig-Véda, tract. Langlois, t. II, p. 514, noie

3. Les premiers Hindous ne reconnaissaient dans te principe que trois Vêdas : le Rig, le Yadjouch et le Sàman, ou, pour mieux dire, il n’y avait qu’un seul Vêda comprenant trois parties, trois rédactions , attendu que le Yadjour-Vêda et le Sàma-Vêda se composent d’hymnes déjü contenus dans le Rig-Vêda. L’Atharva-Vôda, au contraire, comprend un ensemble de rimnis d’une nature particulière et que récitaient les brahmanes pendant le sacriilce. Ces chants ont Uni par constituer, mais à une époque déjà très-ancienne , une partie additionnelle du code religieux. Voy. Max Millier, A Historij of ancieiit sanskrit literature, 2" édit., p. 122, 445 et sulv.

LA REXIGION

« bril, où réside ta vertu, établis-nous, purifie-nous ! « La Terre est notre mère, je suis le fils de la Terre.

« La Terre est la mère des berbcs dont toutes choses tt sont nées ; la Terre et le monde sont sûrs et établis « sur des fondements inébranlables, plaisants et agréa- « blés ! Puissions-nous marcher sur toi pour toujours.

« Grande est la place-, tu es devenue grande; grande « est ta force, toi la tremblante et la remuante... « Puisse le grand Indra veiller sur toi sans relâche. « Toi, ô Terre, fais-nous resplendir comme de l’or; « que nul ne nous haïsse.

« Agni est dans la Terre, dans les herbes ; les eaux « contiennent Agni. Agni est dans la pierre, dans « l’homme; il y a bien des Agnis dans les bestiaux et « les chevaux.

« Agni brille en s’échappant du ciel ; le large firma- « ment est la place de ce dieu.

« Sur la Terre, les hommes présentent aux dieux le « sacrifice, les oblations qu’ils ont préparées; sur la « Terre, les hommes mortels ont leur suflisance de « nourriture... Que la Terre me donne le souille et la « vie, que le monde me comble d’années.

« La Terre est formée du rocher, du caillou et de la «poussière; la Terre est solidement travaillée et éta- « blie; que j’honore le monde dont le souille est d’or.

« Je loue le monde, qui est continuellement renou- « vêlé, la patiente Terre que notre prière réjouit... « Puissions-nous habiter sur toi, ô Terre, toi qui ap- « porte le rafraîchissement et la nourriture, qui es « pourvue d’aliments et de mets gras.,

. « Le monde qui est constamment renouvelé pour

DES ARYAS

« arriver à perfection, dans lequel sont les Agnis, qui « résident dans les eaux, a pris par devers lui le ser- « peut, bien qu’en tremblant, tandis qu’il abandonnait « les impies Dasyous, préférant Indra et non Vrilra; il « s’est soumis à Çacra comme à son seigneur.

« Dans le monde, où sont les fortes tours qu’ont « construites les dieux, où est le sol sur lequel ils lut- « tent dans le monde, la matrice de toutes choses, « puisse le seigneur de la création rendre délicieux « pour nous chaque coin !

« L’obscurité et le crépuscule, le jour et la nuit, « sont réglés sur la Terre. La Terre et le monde sont « couverts par les pluies; puissent-ils nous accorder « un agréable logis où nous nous trouvions bien.

« Tu es le vaisseau spacieux qui contient l’humanité, « accordant à tous les désirs ce qu’ils demandent, a comme si c’était du lait qui ne tarit pas.

« Mère Terre, fixe et établis-moi, que tout me soit O bien; tu es la compagne du Ciel ; accorde-moi la pros- « périté et la fortune '. »

On reconnaît dans cet hymne les idées du Rig-Vôda. On y retrouve aussi, dans d’autres versets, la mention des cinq espèces d’étres dont parle ce livre qui fait sortir les animaux de la Terre et du Ciel , sans s’expliquer sur leur formation : « Et aussitôt tous les êtres, dit « un des chantres védiques, apparaissent au jour. Sans « peine le Ciel et la Terre ont produit le grand Dieu. « Cet ensemble d’êtres animés et inanimés se met en

1. Voy. Charles Bruce, On tlie conception of lhe Earth, dans le Journal oj the royal asialic Society of Great Britain, t. XIX, part, iii, p. 321 et suiv.

LA RELIGION

« mouvement : oiseaux, quadrupèdes, animaux de toute « forme, de toute espèce. Je chante en ce jour cette « création antique, perpétuelle, de notre père, de notre « grand aïeul *. y>

Le poëte fait ici allusion à Manou, l’Adam du Vôda, le type et le père de l’humanité, le chef des êtres, appelé encore Ayou Voilà pourquoi les mortels sont dits enfants d’Ayou, Plus lard Ayou fut distingué de Manou, auquel on le donna pour petit-fils, en même temps qu’on faisait de Pouroûravas le père d’Ayou

Cette cosmogonie diffère tout à fait de celle qu’ont adoptée les Brahmanes et qui est développée dans le Gopatha-Brâhmana. Suivant ce livre, en effet, Brahma a créé la terre de son pied , l’air de son ventre, le ciel de son crâne ; il a commis Agni à la garde de la terre , Vâyou à celle du vent ou de l’air, Aditya à celle du ciel, trois divinités également créées par lui. Et c’est après avoir ainsi formé le monde, qu’il donna naissance aux trois Vêdas, le Rig qui procède d’Agni, le Yadjouch qui procède de Vâyou, et le Sâman qui procède d’Aditya^.

J’ai déjà dit que l’Arya des temps primitifs n’avait que des notions fort confuses sur la vie future, notions qui ne sont point associées à ces imaginations grossières si ordinaires à l’époque fétichiste. Il ne suppose pas que l’homme continue sous terre ou dans quelque contrée lointaine, une existence absolument

1. Hig-Véda, gecl. m, lecl. 3, h. 15, v. 8 cl 9, t. II, p. 81.

2. Ibid., gect. i, Iccl. 4, h. 12, v. 3 clpassim, t. I, p, 112.

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