Rig-Véda, 8ect. viii, lect. 7, h. 3, v. 6, t. IV, p
2. Gronos, roi dus Iles Fortunées, a été détrôné par son fils Zeus. I.« môme rapport se retrouve entre Yama et Djemi, ou DJemscliid. Voy. Roth, dans la Zeittchrift der deutschen morgenlœndischen Geselltchaft, t. IV, p. 427, 428 (1850). L’on retrouve aussi dans Yama ou Yima à l’aiguillon d’or le prototype de Rliadamante, l’homme à la baguette, de l’Hermès psychopompe. Voy. A Kuhn, Die Urgeschichte der Indo-germanischen FolArer, dans la Zet«cAri/( citée, p. 123.
DES ARYAS
natos des Hellènes et YOrctis des Latins. C’est ce qui ressort de cet hymne védique attribué à Sancousouca :
« O Mrityou! suis une autre voie; la voie qui t’est « propre n’est pas celle des dieux. Je parle à celui qui « a des yeux et des oreilles; épargne nos enfants, épargne « nos hommes.
« La vie et la mort se succèdent. Que l’invocation que « nous adressons aujourd’hui aux dieux nous soit pro- « pice. Livrons-nous au rire et au bonheur de la danse, « et prolongeons notre existence.
« Voici le rempart dont je protège les vivants ; qu’au- « cun autre parmi ces peuples ne s’engage dans cette « route; qu’ils vivent cent et cent automnes; qu’ils en- « ferment Mrityou dans sa caverne.
«Et toi, femme, va dans le lieu où est encore la « vie pour toi. Retrouve dans les enfants qu’il te laisse « la vie qui n’est plus. Tu as été la digne épouse du « maître à qui tu avais donné ta main.
« Je prends cet arc dans la main du trépassé, pour «notre force, notre gloire, notre prospérité! O toi! «voilà ce que tu es devenu. Et nous, en ces lieux, « puissions-nous être des hommes de cœur et triom- « plier de tous nos superbes ennemis.
« Va retrouver la Terre, cette mère large et bonne, « qui s’étend au loin.
« O Terre, soulève-toi ! ne blesse point (ses osse- « ments). Sois pour lui prévenante et douce. O Terre, « couvre-le comme une mère (couvre) son enfant du pan « de sa robe.
« J’amasse la terre autour de toi. Je forme ce tertre « pour que (tes ossements) ne soient point blessés. Que
LA RELIGION
« les Pilris gardent celte tombe. Qu’Yama creuse ici la « demeure*. «
La comparaison des traditions aryennes etlraniennes a fait croire à M. Roth que le mythe d’Yama, tel qu’il apparaît dans le Rig-Yôda, avait succédé à une légende plus ancienne où Yama et Yaml son épouse étaient donnés comme le couple humain primordial*. Et eu effet, d’après les anciennes traditions de l’Iran qu’éclaire leur comparaison avec le Yôda, Y'ima est le fils qui a été donné à Yivasval en récompense de ce qu’il a offert le haoma (Soma) aux dieux, et ce Yivasvat, c’est Agni lui-môme ou le feu considéré comme la première créature animée, comme l’âme et l’auteur du sacrifice®. On reconnaît là l’origine de toute la légende du feu qu’a si bien exposée d’après M. Ad. Kubn, mais en la complétant, M, F. Baudry. Yama est pour M. Roth le premier qui ait payé le tribut à la mort et qui se soit rendu au séjour des âmes, dont il est devenu le roi. Assis parmi les dieux, il dîne avec eux, à l’ombre d’un arbre magnifique, dans des contrées mystérieuses situées par delà cet univers. A l’appui de son opinion, M. Roth cite un hymne du Rig où Yama et Y"amî, les deux enfants de Yivasvat, le soleil, ont entre eux un dialogue amoureux. La sœur veut persuader à son frère de se livrer avec elle aux plaisirs de l’amour. Il y a là comme un reflet de l’histoire d’Ève